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HISTOIRE DE L’ARMÉEreau, qui craint pour Richepanse, dont il entend redoubler le feu, s’arme alorsde cette résolution audacieuse que le danger fait naître en lui. Il dirige en per-sonne une troisième attaque sur la position ennemie et décide la victoire à latête de quelques compagnies de grenadiers.
Richepanse, de son côté, soutenu enfin par les premières divisions du corpsdeSaint-Cyr, parvient à s’emparer des hauteurs si héroïquement attaquées parlui, si énergiquementdéfendues parles Autrichiens pendant plusieurs heures. Lanuit commençait à tomber et le canon grondait encore sur le champ de ba-taille. Enfin Krav , informé des événements de Stokacli, se décida à la retraite.Il laissait 3,000 hommes sur le champ de bataille et 4,000 prisonniers dans nosmains. De notre côté, nous avions eu 2,000 hommes hors de combat.
La victoire, cette fois, était due tout entière au courage et au dévouementde l’armée, car les généraux en chef avaient tous des fautes à se reprocher:Moreau d’abord, qui avait, avec 2b,000 hommes, engagé une action contre40,000 hommes au moins, tandis que son lieutenant Lecourbe, avec 20,000hommes, n’avait à combattre que 12,000 hommes; Saint-Cvr ensuite, dont lerôle s’était borné à celui de simple observateur, et qui n’entra en ligne quevers la fin du jour; Lecourbe enfin, qui, vainqueur à Stokach de fort bonneheure, aurait pu pousser jusqu’à Moeskirch ou Liptingen, et forcer ainsi Krayà se jeter sur la rive gauche du Danube , ce qui l’aurait séparé pour longtempsdu prince de Lorraine et du corps du Vorarlberg . Quoi qu’il en soit, la victoireavait couronné les efforts de l’armée française dans cette journée du 3 mai, etsi les généraux avaient manqué à leur devoir, les troupes avaient admirable-ment fait le leur.
Moreau, au lieu de poursuivre vivement l’ennemi, passa une partie de lajournée du 4 mai à rectifier la position de son armée. Cependant, ayant étéinformé que les généraux Kienmayer et Starray arrivaient à marches forcéesau secours du général Kray, il résolut de frapper un dernier coup décisif surl’armée autrichienne avant l’entrée en ligne de ces renforts. En conséquence,il fit avancer ses troupes vers le Danube, par Tuttlingen et Moeskirch. Le gé-néral Kray, de son côté, était résolu à tenter encore une fois le sort des armesavant d’abandonner le terrain. Aussitôt il forma son armée sur les hauteursde Moeskirch, dans la principauté de Furstemberg. Sa position était formi-dable. Son armée, renforcée par l’arrivée du prince Ferdinand et par sa réu-nion avec le prince de Lorraine , s’élevait à 40,000 fantassins et 15,000 che-vaux; une formidable artillerie protégeait sa ligne, dont tout le front étaitcouvert par un grand ravin qui va de Heudorff à Moeskirch. Eu avant de Moes-kirch, sur un plateau qui domine la chaussée très-resserrée qui s’étend jusqu’àCrombach, on avait établi une batterie de 25 pièces de canon.
Le général Moreau, décidé à attaquer quand même, donna ses ordres en con-séquence dans la journée du 4. Lecourbe se porta de Stokach à Moeskirch,laissant à sa droite une brigade pour éclairer le lac de Constance , et une autresur Closterwald pour éclairer les routes de Pfullendorff et de Mengen . Le gé-néral Saint-Cyr avança sa droite sur Liebtingen en refusant sa gauche, qui de-