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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

vait s’étendre au delà de Tuttlingen . Moreau, avec la réserve, marcha enseconde ligne de l’aile droite. Le 5 mai, l’attaque commença à neuf heures dumatin. Le général Montrichard, débouchant avec l’avant-garde, arriva jus-qu’auprès du ravin. Sa division était à peine démasquée, que le feu roulantdes 25 pièces de canon obligea nos soldats à se retirer précipitamment dansla forêt. Lecourbe fit avancer de l’artillerie, elle fut démontée; il fit avancersa cavalerie, mais elle ne put résister à ce feu violent.

Il fallait toute l’énergie des chefs, toute l’intrépidité des troupes pour main-tenir le combat sur ce point. Les 37 e , 8i e et 109 e manœuvrèrent comme àl’exercice. Dragons, chasseurs, hussards, rivalisèrent d’audace ; les carabinierssurtout se montrèrent immobiles sous ce feu. Tout fut inutile; battus de frontet pris en écharpe, aucun de ces corps ne put enlever le plateau.

Pendant ce temps, le général Lorges attaquait la ligne ennemie à Heudorff:Lecourbe espérait ainsi tourner la formidable position de Moeskirch. Mais àHeudorff se trouvait l’élite de l’armée autrichienne. Le village fut pris et reprisplusieurs fois. Une dernière tentative du général Goulu fit tomber cette posi-tion en notre pouvoir. Tandis que le général Lorges gagnait du terrain sur leflanc droit de l’ennemi, le général Vandanme s’était réuni à Montrichard parClosterwald. Ces deux généraux firent un nouvel effort pour s’emparer deMoeskirch. Enfin nos troupes y pénétrèrent et s’y établirent. Le général Krayvoyant ces deux divisions se former sur sa gauche, et ne voyant point arriverle prince Ferdinand, résolut de frapper un coup décisif sur la gauche des Fran-çais, d’accabler le général Lorges à Heudorff, de le déborder et de pénétrer dela chaussée de Stokach à Crombach. Ce mou veinent, exécuté par 20,000 hommes,fut funeste à la division Lorges , qui fut écrasée.

On a vu jusqu’ici que le général Lecourbe s’était trouvé seul engagé, et laraison, c’est que les colonnes de Moreau, gênées par le défaut de communica-tions parallèles à la grande route, étaient obligées de défiler l’une après l’autrederrière les divisions de l’aile droite. Mais, au moment où le général Lorges éprouvait cet échec dangereux, la division Delmas entrait en ligne sur ce point,trois autres divisions de la réserve le suivaient, et on attendait à chaque instantl’armée de Saint-Cyr. Le combat se rétablit. Delmas, par ordre de Moreau,fait un changement de front; le général Bastoul exécute le même mouvementavec sa division. Les deux divisions françaises forment un angle obtus dontcelle de Delmas est le sommet. Ainsi la bataille, après avoir commencé àMoeskirch, s’était étendue à Heudorff, et de Heudorff à Crombach, embrassantl’angle entier de la position.

Le général Kray, ayant aussi reçu du renfort, redouble son attaque et porteses coups sur la division Delmas. Le terrain où elle combattait était couvert etd’un accès difficile. Moreau, jugeant la cavalerie inutile sur ce point, laplaçaàla gauche. Les Autrichiens essayèrent d’abord de forcer la droite des Français en s’emparant d’un bois très-étendu sur lequel se développait la division Lorges ;ils furent repoussés. Renonçant alors à cette attaque, ils firent un effort sur lagauche de cette division, qu’ils cherchèrent à séparer de la division Bastoul. La