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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS,affluents du Danube. Dans ce mouvement, le général Saint-Cyr reçut l'ordrede se porter sur Biberach, la gauche au Danube. Kray, qui avait à Biberach d’immenses approvisionnements, voulut couvrir celte position. Il repassa lefleuve et vint se placer en avant et en arrière de Biberach , en sorte que,lorsque Saint-Cyr arriva, la position était fortementoccupée. Celui-ci n'hésita pasà attaquer, bien que le général en chef fût absent etqu’une partie de ses troupeseussent été placées en observation sur le Danube. Saint-Cyr était un des plushabiles tacticiens de son époque. Il disposa ses soldats en deux colonnes, la ca-valerie en échelons sur les ailes, et, malgré la disproportion de ses forces, il lesfit marcher en avant. Il comptait sur la bravoure de ses troupes et sur la démo-ralisation des soldats autrichiens. En effet, en voyant s’avancer avec tantd’aplomb les colonnes françaises, les ennemis furent saisis d’épouvante, ilsn’osèrent les attendre et prirent la fuite, laissant aux vainqueurs plusieurs mil-liersde prisonniers et d’immenses magasins. Moreau, arrivant sur le champ debataille au moment où la victoire était décidée, ne put s’empêcher de féliciterle général Saint-Cyr en présence de toute l’armée. Les Autrichiens se reti-raient sur Ulm. Le but proposé à Moreau par Bonaparte était atteint. Il nes’agissait plus maintenant que d’envoyer au premier consul le détachementqui devait seconder les opérations de l’armée de réserve. Ce fut le généralLorges qui fut désigné pour commander ce détachement, On sait quelle partil prit aux opérations qui eurent lieu en Italie .

Un mois s’écoula depuis le combat de Biberach , sans qu’aucun engagementsérieux eût lieu entre les deux armées. Ce mois se passa en marches et conlre-marches autour de la forte position d’Ulm. Kray manœuvrait pour tenir dansla ville; Moreau pour l’en faire sortir. C’est ici surtout que se montre le carac-tère militaire de Moreau. Il aurait pu, par un mouvement hardi, porter laguerre sur la rive gauche du Danube et obliger ainsi son adversaire à quittersa position; il aurait pu même, ainsi que le lui conseillait le général Saint-Cyr ,enlever cette place de vive force; il aima mieux ne rien tenter de hasardeux,dans la crainte de perdre les avantages obtenus et de nuire ainsi aux opérationsde l’armée de réserve. Sa gloire fut moins brillante, mais sa conduite fut plussage. Mais, dès qu'il eut appris l’heureux passage de l’armée de réserve à traversles Alpes , il se décida à faire des manœuvres plus audacieuses pour déblo-quer son adversaire de la place d'Ulm. A cet effet, il tenta de passer le Danube au-dessous de cette ville, à Blindlieim et à Grenheim. Ce fut le général Le-courbe qui fut chargé de cette opération dangereuse. Elle eut lieu le 19 juin,et amena la bataille de Hochstedt, la plus belle opération de la campagne de1800, après l'immortelle journée de Marengo, qui avait eu lieu cinq joursauparavant.

Le but de Moreau, en essayant à passer le Danube , était de séparer l’ennemide ses magasins de Ratisbonne, Ingolstadt et Donawerlh, et de le forcer ainsià se retirer ou à se battre.

Il fit les dispositions suivantes : l’aile droite, renforcée de bataillons d’infan-terie et de cinq régiments de cavalerie ayant laissé à Augsbourg et à Landsberg

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