80 HISTOIRE DE L’ARMÉE
des forces suffisantes pour garder les portes, avait sa droite sur les routes deDillingen et Lawingen et sa gauche sur la Mindel. Le corps de Grenier était àGuntzbourg , dont le général s’était emparé le 16, sa gauche à Rissendorf;enfin la division Richepanse était a cheval sur l’Iller pour en garder les posteset assurer les communications des deux rives.
D’importants changements venaient d’avoir lieu dans l’armée française. Legénéral Lecourbe commandait toujours l’aile droite; mais la réserve, sous lesordres de Moreau, était devenue le centre. Saint-Cyr avait été remplacé par legénéral Grenier, et son corps d’armée formait la gauche; enfin le généralSainte-Suzanne avait également quitté l’armée, et son corps, réduit aux propor-tions d’une seule division, avait été confié à Richepanse. L’armée autrichienne,sur la rive gauche du Danube , était divisée en quatre corps ainsi rangés : dela droite à la gauche, celui de Hohenlohe, en flanqueurs, vers Riedlingen , lecorps principal à Ulm, sous les ordres du généralissime; celui de Starray àDillingen , Nauendorff et Donawerth. Le 18, le général Lecourbe fit faire unefausse attaque sur Dillingen , afin de retenir Starray sur cette partie du fleuve.Le lendemain 19, au point du jour, toutes les troupes de ce général étaientrangées entre Bleindheim et Grenheim, dont les ponts à moitié détruits étaientplus faciles à réparer. Lecourbe n’avait ni équipages de ponts ni bateaux. Ilrésolut néanmoins dé tenter ce passage périlleux. Le brave général Gudin,un de ses meilleurs divisionnaires, était chargé de diriger l’opération sous sesordres. À cinq heures du matin, les madriers et les matériaux nécessaires pourrétablir les ponts étaient préparés. Le général Gudin commença l’attaque parune canonnadè qui força l’ennemi à abandonner le rivage. Aussitôt quatre-vingts nageurs se jettent dans le fleuve, suivis de deux petites nacelles portantleurs armes et leurs habits, et sous le feu de l’ennemi abordent la rive opposée.A peine arrivés, et sans prendre le temps de s’habiller, ils saisissent leurs armes,et tout nus ils se jettent sur quelques compagnies chargées de garder la riveopposée, les dispersent et leur enlèvent deux pièces de canon. Cela fait, ilscourent aux ponts, y jettent des échelles et commencent à établir une sorte decommunication. Les canonniers passent les premiers pour servir les deuxpièces de canon que ces intrépicïés soldats venaient d’enlever. Tout cela se fai-sait sous le feu de l’ennemi. Fantassins, pionniers, sapeurs, artilleurs, tous semaintenaient sur l’autre rive avec un courage extraordinaire; car les Autri-chiens commençaient à se porter eu force sur ce point. Leurs divisions débou-chaient de tous les côtés. Lecourbe, qui était venu en personne sur leslieux, fit d’abord occuper les villages de Bleindheim et de Grenheim, puis levilla'gè de Scbawaningen, pour empêcher la réuiiion de deux corps d’arméequi arrivaient l’un par Donawerth, l’autre par Dillingen . Cette heureuse inspi-ration obligea les Autrichiens à tourner leurs efforts contre ce village, dont laprise menaçait leurs communications et les empêcha ainsi de les diriger versle çont. ^ ^ " u
'Scliawamhgeh fut pris et repris plusieurs fois en moins de deux heures.4,000 hommes d’infanterie autrichienne, '300' cavaliers et 6 pièces d'artillerie