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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

s’acharnaient sur cette position, défendue par un détachement bien inférieuren nombre. A la fin, les Français , accablés, allaient l’abandonner; le généralLecourbe, qui avait réuni quelques escadrons de lanciers et de hussards, leslança à propos sur les ennemis qui se développaient dans la plaine. La chargefut si impétueuse, que l'infanterie autrichienne fut entièrement culbutée ets’enfuit en désordre, laissant toute son artillerie et 2,000 prisonniers. Vaine-ment deux bataillons de Wurtemberg essaient de se former en bataillon carré;les carabiniers français pénètrent dans l’épaisseur de leur ligne, et vont dansle centre enlever leur colonel et leur drapeau. On entendit, dit-on, pendantcette charge l’infanterie française battre des mains et crier à plusieurs re-prises : Bravo les carabiniers ! Le général Lecourbe n’avait plus rien à craindredu bas Danube sur sa droite, mais des dangers plus sérieux le menaçaient versDillingen . Les divisions Gudin et Montrichard, qui avaient débouché de Blein-dheim, avaient bien de la peine à se former sous les charges réitérées de la ca-valerie ennemie, car le gros des forces autrichiennes était, sur ce point,rangé en bon ordre; leur infanterie longeait le Danube , couverte sur sonfront par des bouquets de bois et flanquée vers sa gauche par une cavalerienombreuse qui caracolait dans cette plaine d’Hochstedt, tristement célèbre parla défaite du maréchal de Tallard, en 1704. Heureusement les ponts étaiententièrement rétablis et des renforts arrivaient successivement au général Le-courbe. Ce général, ayant enfin réuni sous ses ordres une partie de la réservede la cavalerie du général d’Hautpoult, c’est-à-dire le 2 e de carabiniers, les 6°et 9 e de cuirassiers et le 9 e de hussards, se porte audacieusement sur le flancgauche des ennemis, les déborde et les fait charger vigoureusement sur laroute d’Hochstedt à Dillingen . Ce mouvement est exécuté avec tant de précisionet d’impétuosité, que la cavalerie autrichienne, surprise et ébranlée avant decombattre, est renversée et mise en déroute; sa fuite laisse à découvert l’in-fanterie, qui, épouvantée devant la redoutable cavalerie française, essaie de sejeter aussitôt dans les fossés de Dillingen , mais les cuirassiers ne lui en donnentpas le temps. La colonne ennemie est traversée, coupée, et 1,800 hommesdéposent les armes; le reste fuit en désordre vers Gundelfingen . Ces deux bril-lants combats de cavalerie avaient assuré le passage des divisions françaises;mais la journée n’était pas encore finie, car le général Kray accourait à sontour pour rejeter les Français de l’autre côté du fleuve. Après ce derniercombat, le général Lecourbe avait pris position sur le Legge, petit cours d’eauqui traverse la plaine, en attendant les divisions de réserve occupées à réta-blir les ponts de Lawingen et de Dillingen . Cependant les ennemis appro-chaient; Kray, dans son impatience, avait poussé en avant sa cavalerie, com-mandée par le général Klinglin; elle marchait sur deux lignes. A son approche,nos avant-postes s’étaient repliés; et déjà elle avait pris position sur la Brentz.Lecourbe résolut de la chasser de cette position d’où elle aurait pu ramenerles Français jusqu’à Hochstedt, et les rejeter en arrière de la Brentz. La divisionDecaen venait d’entrer en ligne. Une plaine immense s’étendait entre les deuxarmées, bien propre aux manœuvres de cavalerie. Lecourbe voulut offrir à