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Tome troisième.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE

nos escadrons l’occasion de se signaler encore et de se mesurer avec ceux desAutrichiens si renommés par leur instruction. Il réunit tous les régiments decavalerie de la division d’Hautpoult et ceux des autres divisions, et les déployadans la plaine. La première ligne de cavalerie autrichienne bondit aussitôt ets’élança à leur rencontre. L’attaque fut violente et rapide, et l'éclair jaillit auchoc des épées. Le 2 e régiment de carabiniers, qui s’était couvert de gloiredans le combat du matin, fut engagé le premier, mais il fut ramené. Lescuirassiers s’avancèrent alors pour l’appuyer; il se rallia, fit volte-face, et, àleur tour, les escadrons autrichiens furent forcés de se replier. La seconde lignedes ennemis s’engagea alors, elle repoussa nos escadrons victorieux; mais unecharge du 9' de cuirassiers, qui était resté en réserve, décida la victoire enfaveur de la cavalerie française. La plaine lui appartenait. Il était alors huitheures du soir et la journée n’était point encore finie. Le général Kray, quiespérait chasser les Français de la rive gauche du Danube , fit avancer de nou-veaux renforts d’infanterie.

Moreau, de son côté, venait d’arriver avec la réserve. Une nouvelle actions’engage; l’ennemi déploie ses fortes lignes et ses nombreuses batteries; sessoldats se battent avec l’acharnement du désespoir pour venger les échecsqu’ils viennent d’éprouver; mais nos soldats triomphent de leurs efforts, et, àonze heures du soir, après une journée de combat de dix-liuit heures, ils res-tent enfin maîtres du champ de bataille.

Les ennemis avaient perdu, à Hochstedt, 500 prisonniers, 20 pièces de canonet des magasins considérables à Donaxverth; l’affront reçu par nos armesen 1701 était glorieusement effacé. Kray ne pouvait plus tenir dans Ulm; ilfut obligé de quitter cette position ; il se retira en toute hâte vers Neresheim .Moreau se mit à sa poursuite. Ce fut pendant cette retraite que périt le braveLatour d’Auvergne, que Bonaparte avait décoré du titre de premier grenadierde France . Il combattait à la tête de la 47 e , lorsqu’il fut atteint au cœur d’uncoup de lance.

Sa mort fut un jour de deuil pour l’armée, et certes il était digne de sesregrets. Descendant de Turenne, il avait hérité de son courage et de ses vertus;c’était un des plus anciens officiers de l’armée, et celui de tous qui comptait leplus d’actions d’éclat. Carnot, ministre de la guerre, disait, dans un rapportadressé au premier consul : « Les braves ont nommé Latour d’Auvergne leplus brave. Modeste autant qu’intrépide, il ne se montre jamais avide que degloire. Il a refusé tous les grades. Aux Pyrénées-Occidentales, le généralcommandant en chef rassembla toutes les compagnies de grenadiers, et, pen-dant le reste de la guerre, ne leur donna point de chef; le plus ancien capi-taine devait commander, c’était Latour d’Auvergne . Il obéit, et bientôt cecorps fut nommé par l’ennemi la colonne infernale. Un de ses amis n’avaitqu’un fils dont les bras étaient nécessaires à sa subsistance, la réquisition l’ap-pelle : Latour d’Auvergne vole à Farinée du Rhin , remplace le fils de sonami, et, pendant deux campagnes, le sac sur le dos, toujours au premierrang, il est à toutes les affaires et anime les grenadiers par ses discours et son