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HISTOIRE DE L’ARMÉE
sure d imposer sa volonté à l’Autriche . Ses armées victorieuses bordaientle Mincio et l’Inn, menaçant la capitale de l’Empire par deux points à la fois,la Bavière et le Frioul. Cependant l’empereur refusa d’adhérer aux propo-sitions de paix qui lui avaient été faites, et dont les bases étaient les mêmesque celles du traité de 1797. L’influence anglaise dominait alors le conseil au-lique, et les subsides que l’Autriche venait de recevoir de Londres , en resser-rant le traité d’alliance qui unissait les deux puissances, enchaînaient sa volonté.La guerre devint encore une fois la dernière raison de la politique impériale.Cependant plusieurs mois s’écoulèrent en négociations et eu préparatifs decombats, et à la reprise des hostilités le canon grondait sur les bords de l'Inn ,du Mein et du Mincio, que les plénipotentiaires des puissances de l’Europediscu-taient à Lunéville les bases de la paix générale. Ou négociait au bruit dutambour et du fracas des armes.
Le premier consul, voyant qu’un dernier effort est encore nécessaire pourbriser les trames des alliés, avait de bonne heure préparé un de ces plans decampagne rapides et décisifs. La France , grâce à son activité et à l’intelligenteénergie de son administration, avait alors 400,000 hommes sous les armes, dont300,000 sur le théâtre même de la guerre. Ces forces divisées en cinq arméesétaient ainsi disposées : Augereau, commandant en chef l’armée gallo-batave,était placé sur le Mein avec 20,000 hommes, dont 8,000 seulement de soldatshollandais. Moreau comptait 130,000 hommes sous les drapeaux de l’arméedu Rhin, concentrée entre l'Isar et l’Inn. Macdonald occupait les Grisons avecla seconde armée de réserve forte de 15,000 hommes; Brune, en Italie , était àla tête d’une armée de 125,000 hommes. Enfin Murat commandait une ré-serve de 10,000 grenadiers en marche pour l’Italie. Bonaparte dirigeait deParis les opérations de ces cinq armées, prêt à se porter de sa personne sur lepoint où il jugerait sa présence nécessaire. Le plan de campagne d’après lequelces forces imposantes devaient se mouvoir sur le vaste échiquier stratégiquede l’Allemagne et de l’Italie était celui-ci : Moreau et Brune étaient placés,ainsi que nous l’avons dit, sur les deux versants des Alpes, l’un le long de l’Inn ,l’autre le long du Mincio : ces deux armées étaient séparées par le Tyrol; maisle Tyrolallernaud était gardé par un corps d’armée aux ordres du général Iller,et le Tyrol italien par un autre corps d’armée commandé par le général Da-vidowich. Or, Moreau avait ordre de forcer la ligne de l'Inn et de pousser lesennemis dans la vallée du Danube, et Brune de franchir le Mincio, puis l’Adige au-dessous de Vérone et d’obliger les Autrichiens à abandonner le Tyrol. Pourque ces deux opérations pussent réussir, il fallait contenir le corps d’arméedu général Hier, et prendre à revers celui de Davidowich de manière à l’obli-ger à évacuer le Tyrol ou à l’enfermer dans la vallée principale et à le forcerainsi à déposer les armes. L’armée des Grisons remplissait ce double but. Mac-donald, placé au sommet des deux positions, pouvait, selon le besoin, se jetersur l’un ou l’autre des deux corps, et en les menaçant tous les deux à la foisparalysait leur mouvement. Les deux autres armées devaient remplir un rôleaccessoire : celle d’Augereau, en se portant sur le Mein, en surveiüant la Fran-