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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 55

conie et la Souabe , protégeait la gauche et les derrières de Moreau ; celle deMurat, en se dirigeant en Italie , remplissait le même but vis-à-vis de Brune.

On a reproché à ce plan d’être trop prudent et surtout de ressembler à celuique le Directoire adopta au commencement de la malheureuse campagnede 1799 et, en outre, de n’avoir fait qu’ébaucher le rôle de Moreau. On a ditque Bonaparte , disposant de forces plus considérables que l’ennemi et placédans des conditions on ne peut plus avantageuses, devait, selon ses propresprincipes, ne former que deux masses principales elles porter directement surVienne , ainsi qu’il le fit cinq ans plus tard. Mais il faut se rappeler que Moreau,la seconde capacité militaire de l’Europe , avait déjà refusé, au commencementde la campagne, de se charger d'un plan de guerre qui lui paraissait trophardi, et dire aussi que Brune n’était pas taillé pour exécuter une opération fou-droyante à travers les Alpes noriqnes, comme celle que Bonaparte avait exécu-tée en 1797. Le premier consul avaitdoncdû tracer son plan selon le caractèreet la capacité de ses généraux. Quant à l’analogie que ce plan aurait avec celuiqu’on attribue au général Laliorie, le reproche n’est pas mieux fondé. Eneffet, dans la campagne précédente, l’armée qui agissait dans la vallée du Da-nube n’avait eu qu’un rôle accessoire; l’armée d’Helvétie, au contraire, con-stituait la partie essentielle des opérations et était indépendante des deux ar-méesd’Àllemagneetd’ltalie, tandis que, dans le plandu premier consul, l’arméedu Danube remplissait le rôle capital, et l’armée d’Helvétie s’effaçait presquecomplètement, puisque, réunie à celle d’Italie par sa marche à travers lesAlpes rhétiennes, elle devait en former la gauche.

Quoi qu’il en soit du mérite du plan de Bonaparte , on ne peut que l’ap-prouver, puisque le succès en couronna l’exécution.

L’Autriche , pendant ce temps, ne demeurait pas inactive, et prenait, elleaussi, des dispositions vigoureuses pour soutenir cette dernière lutte. Des levéesen masse eurent lieu dans les divers États de l’Empire, et François, lui-même,se rendit à son armée pour ranimer dans le cœur de ses troupes l'amour de lapatrie. D'importants changements furent opérés dans les cadres des officiers-généraux : Kray perdit son commandement et fut remplacé par l’archiducJean, qui eut la mission de sauver l’État. Ce jeune prince, quoique instruit, n’é-tait pas à la hauteur d’une telle mission; il n’avait ni l’expérience, ni l’énergiede Kray, ni les talents de l’archiduc Charles. Mais Kray venait d’être vaincu etCharles était disgracié. En ce moment, Moreau était à Munich , prêt à entreren mouvement au premier signal. L’empereur d’Autriche reconnut avec ter-reur que son armée n’était encore rien moins qu’organisée et qu’elle ne pouvaitentrer en campagne. Il demanda une prolongation d’armistice de quarante-cinq jours. Moreau y consentit, à la condition qu’on lui livrerait immédiate-ment les trois places de Philipsbourg, Ulm et Ingolstadt . Ces conditions furentacceptées, et l’armistice de Hohenlinden fut signé le 20 septembre 1800. A lareprise des hostilités, l’armée impériale, forte de 120,000 combattants, occu-pait les positions suivantes : la droite occupait Ratisbonne et le Palatinat ; elleétait forte de 27,000 hommes;