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Tome troisième.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE

La gauche, ou corps du Tyrol allemand , était de 18,000 hommes;

Enfin, le corps principal, fort de 63,000 hommes environ, occupait la lignede l’Inn depuis Braunau jusqu’à Rosenheim , outre 9,000 hommes placés àBraunau et dans les têtes de pont de Nenfdhorf, W'asscrbourg et Rosenheim .

Deux plans furent proposés au conseil aulique : ou de garder la défensivedevant la forte ligne de l lnn, ou prendre l’offensive et déboucher par deuxponts à la fois, Landshut et Ratisbonne . C’est ce dernier plan qu’on adopta. Lejeune archiduc, tout plein des grandes manœuvres de Bonaparte , cherchait,dit-on, à l’imiter. 11 était frère de l’empereur François II et commandaitl’armée autrichienne sous la tutelle du vieux général Lauer. Il reçut àson quartier-général de Welsz la dénonciation de la rupture de l’armistice,et donna aussitôt l’ordre à ses troupes de se rapprocher de la rive droite del’Inn .

La position de Moreau était excellente. Pendant l’armistice, non-seulementl’armée s’était reposée, mais encore des explorations savantes avaient été faitespar Dessolles dans les environs. Aidé par les renseignements d’un jeune ingé-nieur bavarois, il avait reconnu qu’autant la ligne française était bonne, au-tant, de son côté, celle de l’ennemi sur l’Inn était formidable. La victoiredevenait donc surtout une question de stratégie. Il fallait attirer l’ennemi surun terrain désavantageux pour lui; et, comme nous l’avons dit, la chose étaitd’autant plus possible, que Moreau connaissait parfaitement l’immense échi-quier sur lequel il allait manœuvrer.

Les Autrichiens épargnèrent à Moreau la peine de les aller chercher en sor-tant eux-mêmes de leurs lignes. Dans l’espoir d’imiter les grands mouvementsde Bonaparte , le jeune archiduc avait résolu d’envelopper l’armée de Moreauen l’attaquant avec le corps le plus considérable de ses troupes entre l’Inn etl’Issen, tandis que le général Hier s’avancerait sur Augsbourg en débouchantdu Tyrol par la vallée du Lech, et que le général Kienmayer manœuvreraitpour lui couper la retraite sur Munich .

Le 28 novembre, nos avant-postes rencontrèrent l’ennemi et le firent re-plier sur toute sa ligne. Alors les Français , qui étaient disposés entre la forêtd’Ebersberg et Munich , firent un pas en avant : Lecourbe, qui formait l’ex-trême droite de notre armée, occupa Rosenheim sur l’Inn, et Decaen, quifaisait partie du centre, s’avança à moitié chemin de Rosenheim à Wasser-bourg, où devait le rejoindre le général Richepanse. Ces mouvements, qui se-condaient le plan de l’ennemi, s’exécutèrent sans une grande opposition de sapart, à l'exception de celui de Richepanse, qui ne s’accomplit qu’en forçant latète du pont de Wasserbourg, et en culbutant les troupes qui le gardaient.L’ennemi, du reste, abandonna la ville si promptement qu’il y laissa toute sonartillerie.

Le 29, le général Grenier, qui formait l’aile gauche, eut ordre île se porteravec deux divisions, en échelonnant ses brigades de chaque côté de la roulede Muldorf, de manière à occuper les points les plus avantageux de l’angle queforme l’Issenen se jetant dans l’Inn . Ces deux divisions étaient commandées,