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HISTOIRE DE L’ARMÉE
l’ennemi. Il s’arrêta, en conséquence, au pont de Landshut ; et pendant qu’ilfaisait tête à l'ennemi, il envoya un messager à Dorfen . Ce fut par ce messagerque Moreau apprit la marche de Kienmayer et vit se confirmer ses soupçonssur les projets de l’ennemi.
Cependantce chef de brigade, ne pouvant tenir longtemps contre des forcesdécuples, avait continué sa retraite, et c’était alors le général Legrand qui setrouvait menacé à Dorfen ; il fit demander un renfort, et Grenier lui envoyaune brigade pour l’aider à se maintenir dans son poste, ou pour le soutenirdans sa retraite, s’il était forcé de l’abandonner.
Tandis que ceci se passait à notre extrême gauche, la division Ney, qui for-mait l’extrême droite, et qui défendait les hauteurs de Haun, vit se déployer,venant d’Ampfingà lui, trois puissantes colonnes. Quoique ce corps d’arméefût quatre fois plus nombreux que le sien, Ney n’en prit pas“moins ses mesurespour le bien recevoir; il se disposa en trois échelons, et,comme huit bataillonss’avançaient contre lui pour le combat, il n’eut pas même la patience de lesattendre, et, prenant l’offensive, il s’élança sur eux et les culbuta.
Mais ce succès ne pouvait être durable; l’archiduc, qui commandait ce corpsd'armée, ordonna une nouvelle attaque. Ney la soutint avec son énergie ordi-naire, et, appréciant la puissance de sa position, il fit demander un renfort,promettant de tenir l’ennemi en échec. Moreau lui fit dire de se replier; Neyobéit, tout en combattant.
En même temps Richepanse reçut l’ordre de se rabattre de Weissembourgsur l’Alpaching, et de jeter la brigade Waltlier sur Ilaag, pour appuyer sadroite.
Ney opéra sa retraite en disputant le terrain pied à pied; deux ou trois foisil fut débordé par les tirailleurs ennemis, tant il avait peine à exécuter à lalettre son mouvement rétrograde. Un moment même, sa propre sûreté futcompromise : la brigade Desperrières, qui gardait Ascliau, avait été forcée,et la crête du défilé par lequel Ney devait déboucher sur la route était déjàcouverte d’ennemis, lorsque Grenier lança sur eux le 2 e de dragons. Les Au-trichiens, culbutés, firent à leur tour un mouvement rétrograde, et Ney passa.Le 2 décembre, les Français continuèrent leur retraite, et l’armée reprit sespremières positions entre Ebersberg et Hartorf.
Tout présageait à Moreau la réussite de sa manoeuvre. Le jeune archiduc,qu’une intrigue de cour avait substitué dans le commandement de l’armée àson frère Charles, tout enorgueilli de ce succès apparent, se regardait déjàcomme le sauveur de la monarchie autrichienne, et considérait l’armée fran-çaise comme détruite. A la vue du terrain sur lequel il s’engageait, le vieuxgénéral Lauer avait bien fait quelques observations, mais elles avaient été sansrésultat, et, après avoir employé la journée du 2 décembre à réunir et re-poser ses troupes, l’archiduc donna ses ordres pour le lendemain.
Son armée, formée en quatre divisions principales, non compris l’avant-gardeaux ordres du général Loppert, et deux corps détachés, devait s’avancer ainsi :Kienmayer, qui formait l’extrême droite, après s’être cm [taré de Landshut et