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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
de Dorfen , avait reçu l’ordre de déboucher avec douze bataillons et vingt-huitescadrons par Lendorf; la division Baillet-Latour s’appuierait, en marchantpar Issen et Veyer, sur la plaine de Pressendorf; la colonne principale, éclairéepar une petite avant-garde de trois bataillons et de dix escadrons, et composéede huit bataillons de grenadiers autrichiens sous les ordres du général Kol-lowratli, d'une trentaine d’escadrons de réserve aux ordres du prince de Lich-tenstein et de tout le corps auxiliaire bavarois, devait s’enfoncer dans la grandeforêt qui traverse la chaussée, franchir le défilé dont nous avons parlé et dé-boucher devant Hohenlinden ; enfin la colonne du général Riesch, qui, à elleseule, présentait une force à peu près égale aux deux premières, était destinéeà former la gauche et devait se porter par Alpaching à Saint-Christophe.L’armée autrichienne, disposée ainsi, devait, développée d'abord sur uneétendue de cinq lieues environ, s’avancer en se rétrécissant toujours, de ma-nière que chacune des différentes colonnes qui la composaient fit sa jonctiondans la plaine d’Auzing, en arrière de Hohenlinden et en avant de Munich .
Moreau eût-il tracé lui-même à l’ennemi le plan qu’il devait suivre pour sefaire batlre, que l’ennemi ne l’eût pas mieux accompli. Avec la connaissanceapprofondie que le général français avait du terrain, il comprit que, quoiquechaque colonne eût à peu près le même chemin à parcourir, la colonne prin-cipale, suivant une chaussée ferrée, gagnerait certainement sur les colonnessecondaires et latérales, qui ne pouvaient s’avancer que par des routes detraverse. 11 en résultait que cette colonne devait nécessairement se trouverisolée, et ce fut sur elle que Moreau résolut d’opérer principalement; il pritdonc toutes ses mesures en conséquence.
La journée du 2 avait été, comme nous l'avons dit, employée par Moreau àresserrer sa ligne. Lecourbe avait relevé Decaen sur la route d'Ebersberg, etDecaen était chargé d’appuyer Richepanse; ce dernier, qui se trouvait à Saint-Christophe, c’est-à-dire à une lieue et demie à peu près en arrière du villagede Molenbott, était à cheval à l’entrée du défilé sur la route de Haag-IIohen-linden; il reçut l’ordre de marcher dès le jour sur ce point, afin de couperperpendiculairement la colonne qui suivrait cette grande route, et, en se rabat-tant sur elle, de la pousser dans le défilé, tandis que Grouchv, à la tète de ladivision Grandjean, devait l’attendre à sa sortie; que Ney, parti de Hohen-linden , longerait l’issue de la forêt à droite de la chaussée, que Bastoul défen-drait le défilé qui mène de Wager à Pressendorf, et que Legrand, secondé partoute la réserve de cavalerie, défendrait Hartorf et commanderait les avenuesde Pueh. Pendant ce temps les soldats de la brigade d’Espagne , poussés enflanqueurs à notre extrême gauche, devaient donner la main au général Col-laud rappelé d’Erding, et empêcher les Impériaux de nous déborder.
Toutes les mesures étaient donc prises pour que cette colonne principale,attaquée à revers par Richepanse et assaillie de front par Groucliy et Ney, fûtexterminée dans le coupe-gorge où elle osait s'aventurer.
Le 3 décembre i800 (12 frimaire an ix), au moment où le jour commence àpoindre, les Autrichiens s’ébranlent sur toute leur ligne dans la direction con-