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Tome troisième.
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IHSTOIKE DK L’AtîMEE

venue. Meczery s’achemine sur Freyssing, où l’attend Collaud; Kienmayer surEnling, Lendorf et Puch, où l’attendent Rastoul et Espagne ; Baillet-Kalour surllortorf et Pressendorf, où l'attend Legrand; la grande colonne de Kollowrathsur Hohenlinden, où l’attendent Grouchy et Nev; enfin Riesch, le seul dontMoreau n’ait pas eu connaissance, sur Saint-Christophe, où il rencontrera Ri-chepanse, et manquera, par cette attaque inattendue, de rompre la magnifiquecombinaison qui doit décider du sort de cette journée.

A peine les Autrichiens sont-ils en marche, qu’une neige épaisse, succédantà la pluie, les aveugle, chassée qu’elle est par le vent qui la leur souffle auvisage. Ils n’en continuent pas moins leur route, mais ils ont cessé de voir àdix pas devant eux. Néanmoins leur confiance est telle, ils croient si bien lesFrançais en retraite, qu’ils négligent môme de lier les différents corps entreeux par des flanqueurs. De cette façon, Kollowrath ignore que les colonneslatérales, retenues par le mauvais état des chemins, demeurent peu à peu enarrière et cessent de protéger ses flancs; il arrive au défilé sur les huit heures,s’y engouffre, et à neuf heures, tandis que sa queue est à peine sortie de Haag,il reparaît à la tète de son infanterie à l’issue du défilé de Hohenlinden ; songrand parc d’artillerie le suit immédiatement, et toute la réserve de cavalerieferme la marche.

Moreau, dès la pointe du jour, s’était porté sur la chaussée où il attendaitsi impatiemment l’ennemi. Plus d’une fois il avait douté que le mouvementtant désiré par lui s'accomplît; mais sa joie fut bien grande lorsqu’il vit pa-raître l'avant-garde autrichienne. 11 ordonna au général Grandjean de se replieraux premiers coups de fusil, et le général autrichien, convaincu qu’il n’avaitaffaire qu’à l’arrière-garde française, s’avança en toute confiance, dépassantdéjà les premières troupes du général Grouchy . Mais, comme le déplacementde ses troupes à droite et à gauche de la chaussée ne pouvait se faire que len-tement à cause du mauvais état du sol, la route se trouva bientôt encombréepar l’arrivée des grenadiers hongrois et du corps bavarois que pressait l’im-mense parc d'artillerie engagé dans le défilé; l'archiduc Jean ordonna de brus-quer l’attaque, afin de conquérir au-delà de la forêt l’espace nécessaire au dé-veloppement de ses troupes.

Mais les choses allaient commencer à changer de face. La 108 e demi-brigade,soutenant nos avant-postes, était venue se ranger sur une ligne parallèle àl’ennemi, et déjà répondait vigoureusement à son double feu d’artillerie et demousqueterie. Alors les huit bataillons hongrois ayant filé par le bois semirent à la tourner par sa droite. En ce moment son chef de brigade fut blességrièvement et fait prisonnier, et la brigade, pour ne pas compromettre sa po-sition, fut forcée de faire quelques centaines de pas en arrière. Aussitôt le gé-néral Grandjean, s’apercevant de ce mouvement rétrograde, se mit avecGrouchy à la tète de la 16 e demi-brigade, et, tombant à la baïonnette sur l'en-nemi, ils le culbutèrent du premier choc. Les grenadiers hongrois se rejetè-rent dans le bois : un bataillon de la 57 e les suivit et engagea avec eux uncombat corps à corps qui les empêcha de se rallier; en outre, un régiment