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Tome troisième.
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ET I»K TOUS LES RÉGIMENTS.

de chasseurs et deux régiments de cavalerie lombèrent au grand galop sur latête de colonne qui avait attaqué. La 108° la chargea si vigoureusement qu’ellefut refoulée en désordre sur la sortie du défilé. Le résultat de ce premier avan-tage fut un grand nombre de prisonniers, au nombre desquels se trouva legénéral Spanochi, et la capture de cinq pièces de canon.

En sortant du bois, les Autrichiens avaient trouvé à leur droite un cheminpar lequel ils avaient essayé de déboucher, et s’étaient engagés dans ce chemin ;mais à l’autre extrémité ils rencontrèrent Ney qui les chargea aussitôt avec sonimpétuosité ordinaire. La 23" demi-brigade marche en tète de l'attaque. L’en-nemi est culbuté; Ney lui fait mille prisonniers, lui enlève dix pièces de canonet le rejette, la baïonnette dans les reins, sur la sertie du défilé déjà encombréeet vers laquelle cette masse de fuyards amène encore un pins grand désordre.

Arrivé là, Ney se rallie à Grouchy , qui charge de son côté la gauche du gé-néral Kollowrath dont Ney vient de disperser la droite. Tous deux se réunissentdansun commun effort; tous ceux qui sont sortis du défilé, après avoir vainementessayéd’y rentrer, sejettenten désordre dans les taillis environnants oùles pour-suivent une nuée de tirailleurs.

C’est à ce moment que le mouvement du général Richepanse s’opère. Partid’Ebersberg , il a atteint Saint-Christophe à l'instant où la tête de la colonneaustro-bavaroise s’enfonçait dans le défilé, et s’est immédiatement mis en routepour Mattenpoët; là, il se trouve attardé par l'horrible état du sol; on ne peutplus distinguer les chemins que la neige recouvre, les guides eux-mêmes dé-clarent qu’ils ne peuvent plus se reconnaître. Richepanse s’oriente, prend ladirection des troupes, et reconnaît bientôt qu’il est sur la bonne route : cettecertitude rend aux soldats toute leur ardeur, et ils s’avancent au pas accéléré,quand tout-à-coup une vive fusillade se fait entendre à une demi-lieue der-rière eux. C’est la tête du général Riesch qui débouche par le vallon d’Alpa-cliing, et qui vient de donner contre le 1 er régiment de chasseurs à cheval,que suivent les 8 e et 48 e demi-brigades, qui forment l’arrière-garde commandéepar le général Drouet. Venu pour couper l’ennemi par sa moitié, Richepanseest coupé lui-même aux deux tiers de sa ligne; mais sa résolution est rapidecomme sa pensée. Un aide-de-camp passe au milieu du feu, et va dire à Drouetde tenir jusqu’à ce que la division Decaen qui le suit vienne le secourir; puis, »convaincu de l’importance du mouvement qui lui est ordonné par le généralen chef, il laisse un tiers de ses troupes en arrière, au lieu de perdre son tempsà le dégager, continue sa route sur Mattenpoët et atteint ce village sans cb-stacle. Là éclate encore l’imprudente confiance de l’ennemi : Mattenpoët, situésur une colline, à la lisière d’un bois, à une portée de fusil de la grande roule, aété négligé par les Autrichiens, qui ont seulement placé aux environs quel-ques piquets de cavalerie : le l fr régiment de chasseurs s’élance sur eux et lesculbute. Un prisonnier, interrogé, apprend au général français que ccs déta-chements appartiennent à la grande réserve de cavalerie autrichienne, qui,venant de Haag, suit immédiatement l'artillerie déjà engagée dans le défilé oùelle va s’engager après elle. Richepanse comprend que le moment d’agir est