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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 63

les séparait est en fuite, tué ou prisonnier : le parc d’artillerie tout entier,c’est-à-dire 87 pièces de canon, est à nous.

Mais à peine Richepanse a donné à sa brigade et à celle de Ney le temps dese reconnaître et de se saluer par des cris de joie et de victoire, qu’il songe àDrouet et à Walther, qu’il a laissés aux prises avec un ennemi trois fois plusnombreux qu’eux, et qui, peut-être en ce moment, paient sa victoire au prixde leur mort. Il ordonne à la 48 6 de pivoter sur elle-même, passe de la tête àla queue, reprend au pas accéléré le chemin qu’il vient de parcourir, et re-trouve à l’entrée du défilé le général Walther blessé et porté sur un brancard,mais toujours aux prises avec la cavalerie autrichienne. Les deux généraux seserrent la main : Richepanse s’élance de front sur l’ennemi, qui presse la8 e demi-brigade sans pouvoir l’entamer, tandis que sur son flanc gauche arrivela division Drouet soutenue de la division Decaen, qui l’a dégagée. Dès lors lavictoire n’est plus douteuse; les Autrichiens, attaqués en tête et en flanc, fontun instant mine de tenir, mais bientôt reculent en désordre; Richepanse semet à la tête du 1 er régiment de chasseurs*qui a à venger la blessure de sonbrave général, les culbute, et les poursuit sur la chaussée jusqu’à Haag, tan-dis que, des deux côtés de la route, les Français les accompagnent et les fu-sillent.

Il est deux heures : la bataille est complètement gagnée au centre et à ladroite. On attend avec impatience les nouvelles de la gauche; car l’épaisseurde la forêt de Hohenlinden ayant empêché le bruit du canon d’arriver jus-qu’aux ailes, et l’archiduc, au milieu du désordre général de la colonne prin-cipale, n’ayant pas songé à suspendre le mouvement des colonnes secondaires,celles-ci ont continué de s’avancer. Vers les cinq heures, on apprend que lesdeux divisions Legrand et Bastoul, la réserve de cavalerie du général d’Haut-poultet la réserve de la division Ney, réunies sous les ordres de Grenier, ontrefoulé Kienmayer et Baillet-Latour dans les défilés de Lendorf , et que le gé-néral Bonnet, qui les a poursuivis, a pénétré dans Issen, a fait 1,500 prison-niers aux Autrichiens et leur a enlevé6 pièces de canon. Ainsi, aux deux ailescomme au centre, la victoire a été complète : 11,000 prisonniers, 6,000 morts,près de 100 pièces de canon tombées entre nos mains, et la dispersion entièrede l’armée de l’archiduc, sont les résultats de cette journée, où la 48 e et la23 e jouèrent un si grand rôle, et où nous ne comptâmes que 2,300 hommestués ou blessés.

Cette bataille, dit le général Mathieu Dumas dans ses mémoires, est une desplus mémorables de la révolution par l’exécution la plus rigoureuse et la pluslittérale du plan prémédité, exemple bien rare dans les fastes de la guerre.

Réfugié derrière l'Inn, l’archiduc Jean essaya d’v rallier ses troupes; maisMoreau l’y poursuvit, le battit de nouveau à Lauffen, et, ayant passé la Salza,s’empara de Saltzburg.

L’archiduc Charles fut envoyé pour arrêter la retraite de l’armée autri-chienne et réparer les fautes de son frère. Mais, arrivé sur les lieux, il trouvales troupes dans un tel désordre et si fort démoralisées, qu’il ne vit d’autre