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HISTOIRE DE L’ARMÉE
ressource que la paix, et il demanda un armistice à Moreau : mais celui-ci re-fusa et continua de s’avancer sur Vienne . L’annislice de Stayer arrêta la mar-che du vainqueur.
Ainsi, dit Jomini , l’armée républicaine, après avoir fait quatre-vingt-dixlieues en quinze jours, franchi trois rivières considérables, pris 20,000 hommesà l’ennemi, mis autant hors de combat et enlevé 150 pièces de canon, 400 cais-sons, 6,000 voitures, se trouva à 20 lieues des portes de Vienne , couverte delauriers et contraignant enfin la maison d’Autriche à déposer les armes. Untel résultat dispense de tout éloge. Ce que nous pourrions en dire ne pourraitque l’affaiblir.
Le vol rapide de cette armée française, qui en dix jours s’élança du cœur dela Bavière jusqu’aux portes de la capitale de l’Empire, est en effet un des plusprodigieux événements de guerre des annales modernes. Cette campagne ho-nore à la fois le général en chef et son armée.
Suivons maintenant les opérations simultanées des armée des Grisons sousMacdonald et d'Italie sous Brune.
Armée des Grisons, passage du Splugen .—Bonaparte , voyant dès le début dela campagne que Moreau pouvaitagir seul et sans le secours de Macdonald, pres-crivit à celui-ci de franchir le Splugen et de se jeter dans le Tyrol italien afin de dé-border la ligne des Autrichiens sur le Mincio et de paralyser ainsi leurs opéra-tions en Italie . En vain Macdonald, effrayé des dangers d’une pareille marcheau milieu de l’hiver, lui objectait-il la rigueur de la saison et l’état presqueinaccessible de ces montagnes, Bonaparte inébranlable lui répondit : Partoutoù deux hommes peuvent poser le pied, une armée peut passer , et les Alpes nesont pas plus difficiles à franchir pendant la gelée que pendant la fonte des nei-ges, époque à laquelle j’ai traversé le Saint-Bernard.
Macdonald s’apprêta donc à opérer cette marche difficile. En conséquence,après avoir laissé la division Morlot dans les Grisons pour garder les défilés,il s’avança vers le Splugen . Le gros de son armée se composait de 12,000hommes. Il se mit en mouvement vers la fin de novembre. Le général Ver-rières, précédé des compagnies de sapeurs et commandant l’artillerie d'avant-garde, ouvrait la marche. Le 24 novembre, l’avant-garde atteignit Tusis. Maisles traîneaux qui charriaient les canons se trouvant trop lourds, et les neigestrop molles pour les porter, il fallut les remplacer par des traîneaux du pays,plus faciles à mouvoir, et qui ne laissaient qu’une trace légère de leur pas-sage, effacée à l’instant même par la fonte des neiges tombant continuelle-ment du ciel et des rochers. La reprise des hostilités, le secret de ce mouve-mentet la pénurie des vivres demandaient une prompte exécution. Le généralLaboissière, à la tête d’une partie du 10 1 ’ de dragons, du 1 er de hussards, sui-vait le général Verrières à une marche de distance. Il traversa Corvi, remontale Rhin, et arriva le 24 novembre, à travers les précipices, au pied du Splugen ,oii il trouva une partie de l’artillerie que le mauvais temps et le manque detraîneaux y avaient retenue.
Le 27 novembre, celte colonne gravit la montagne; elle avançait pénible-