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HISTOIRE DE L’ARMÉE
ligne. Une partie se porta sur la rive gauche; l’autre, s’établissant sur les hau-teurs de la rive droite, ouvrit contre les ennemis un feu d’artillerie et demousqueterie qui les arrêta tout courl. Le général Dupont, profitant de ce mo-ment d’indécision, se porta résolument en avant. Un combat furieux s’engageaà Pozzolo; le village fut pris et repris jusqu’à six fois. La nuit même ne mitpas un terme au combat. Dupont était maître de Pozzolo. Il se croyait vain-queur; mais la division Watrin, qui avait quitté ses retranchements, emportéepar l’ardeur du combat, s’était aventurée à plus d'une lieue dans la plaine, setrouvait ramenée, et venait de rentrer dans ses lignes, lorsqu'à la faibleclarté de la lune on aperçut deux masses énormes de grenadiers qui avan-çaient vers la digue. Dans cette position, les soldats de Watrin n’avaient d’autrealternative que d’arrêter les efforts des ennemis ou d’être jetés dans le fleuve.Ils attendirent de pied ferme les nouveaux combattants, et, par la vivacité deleurs feux et la vigueur de leurs baïonnettes, les obligèrent à reçu 1er: les massesautrichiennes, arrêtées sur la gauche, se jetèrent sur Pozzolo, où elles enga-gèrent un nouveau combat au milieu de l’obscurité de la nuit. Enfin ellesfurent repoussées et le combat cessa à neuf heures du soir. La victoire appar-tenait à nos demi-brigades, mais cette victoire leur avait coûté cher; car, lors-qu’elles se rallièrent autour des feux de leur bivouac, un grand nombre desplus braves soldats manquaient à l’appel. Six mille d’entre eux étaient tombéssur le champ de bataille, morts ou mutilés. La perte des Autrichiens était plusgrande encore, mais cette compensation ne réparait pas les vides faits dansnos rangs.
Le Mincio était franchi, le but des opérations du général en chef était atteint.Le général Brune, qui était resté inactif à Mozambano pendant que sa droite etson centré étaient exposés à être accablés; Brune résolut néanmoins de forcerencore une fois le passage du fleuve au point qu’il avait choisi, et de tenter uneseconde fois les chances d’une opération de vive force. En effet, le lendemain,il parvint à effectuer le passage du fleuve sous la protection de 10 pièces decanon et enleva la position de Yallegio. Les Autrichiens, qui ne supposaient pasqu’on pût tenter encore une fois le passage du Mincio, furent surpris et oppo-sèrent peu de. résistance.
L’armée française, réunie tout entière sur l’autre rive, marcha sur l’Adige ;mais Brune perdit quatre jours pour faire enlever la tête de pont de Borghettoqui, par suite du double passage du Mincio, devait tomber naturellement, etne put ainsi profiter de sa victoire. Il n’arriva que le 31 devant l’Adige , quifut franchi sans obstacle.
Le général Bellcgarde était alors dans la position la plus critique, lecorps du Tyrol surtout, qui se trouvait pris entre la division Moncey et l’arméede Macdonald. Un subterfuge du général Laudon, qui annonça à Monccv quel’armistice signé en Allemagne s’étendait à l’Italie , et la crédulité beaucouptrop naïve du général français, sauvèrent le corps du Tyrol , qui put ainsi tra-verser nos lignes l’arme au bras et se réunir au comte Bellegarde. L’armisticede Trévise sauva également l’armée de ce dernier d’une ruine complète. Ainsi