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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
la victoire avait couronné partout les opérations de nos soldats. Les arméesfrançaises, en Italie comme en Allemagne , avaient bien mérité de la patrie.Elles avaient définitivement conquis la paix, une paix glorieuse comme lavoulait le premier consul et comme il en dicta les conditions à Lunéville .
Maintenant, quittons les champs de bataille de l’Europe pour ceux de l'Orient,et retraçons les dernières campagnes de cette armée d’Égypte que nous avonslaissée victorieuse à Aboukir .
Armée d’Orient. — Malte. — Iléliopolis. — Alexandrie . — La prise de l’île deMalte avait eu en Europe un grand retentissement. L’Angleterre en avait étéconsternée et avait résolu de la reprendre à tout prix.
La cour de Naples , dès qu’elle apprit l’occupation de Malte, fit défendre enSicile , sous les peines les plus sévères, d’y importer des vivres. On excita à larévolte les paysans de cette île, après les désastres d’Aboukir . Quelques ambi-tieux devinrent des chefs de rebelles; le besoin et de l’argent semé à proposentraînèrent la multitude. Deux mois après, les Anglais débarquèrent douzecents hommes pour soutenir les Maltais; ceux-ci employèrent contre les mili-taires isolés et les petits détachements l'arme ordinaire des lâches, l’assassinat.La place fut étroitement investie par terre et par mer. Les masses des révoltés,organisés en régiments et en compagnies, sous les ordres d’officiers anglais etportugais , l’entourèrent de tous côtés. Malte était dépourvue de tout ap-provisionnement de bouche, il n’y avait que du blé. Elle n’était pas suffisam-ment approvisionnée de plomb, de boulets et de cartouches; les fortificationsavaient besoin de réparations; les amiraux Villeneuve et Decrès s’v trouvaientrenfermés avec les vaisseaux le Guillaume-Tell et le Dégo, les frégates la Diane,la Justice, la Carthaginoise. Le contre-amiral Villeneuve conserva le comman-dement de la flotte, et le général Decrès prit celui de trois forts. La tropfaible garnison de Malte n’était composée que de deux mille deux cents hommes,non compris les malades. On fit toutes les dispositions nécessaires pour assurerune vigoureuse résistance, on fit sortir les personnes qui habitaient dans l’en-ceinte des fortifications. Des chaloupes furent envoyées le long de la côte et àGoze pour entretenir les communications avec toutes les garnisons françaises et leur faire passer des secours. Des navires, expédiés en France, en Italie , enCorse et sur les côtes barbaresques, devaient faire connaître la situation de lagarnison et réclamer toutes les munitions nécessaires. Tout le plomb existantdans la ville fut converti en balles; un emprunt fut ouvert chez les habitantsles plus aisés pour subvenir aux besoins de la solde; les Maltais suspects furentexpulsés; on enleva dans les magasins toutes les étoffes propres à l’habillementdes troupes.
Les assiégeants tentèrent deux assauts, quand ils virent le port exactementbloqué par les Anglais et les Portugais réunis, l’un sur la porte Massamuchet,l’autre sur l’avancée de la Sangle. L’intrépidité des Français ne leur permit pasde débarquer seulement leurs échelles; un grand nombre des assaillants fut tuéou noyé, l’autre échappa à la nage. Les entreprises de vive force ayant eu peude succès, les Maltais et les Portugais réunis se contentèrent de diriger des
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