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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
de 30,000 soldats; elle avait été augmentée de 3,000 hommes par les marinsdes bâtiments français détruits à Aboukir . Elle avait perdu 5,000 hommes en-viron pendant les campagnes de 1798 et 1799. 11 restait donc encore à Kléber28,000 soldats, les meilleurs du monde. Cette armée pouvait être aisément re-crutée en Égypte, non-seulement par les Grecs et les Syriens qui y sont engrand nombre, et dont la plupart sont chrétiens, mais encore par les noirs deDarfour , qui sont robustes et vigoureux, et qui, dans la suite, entrèrent enassez grand nombre dans nos demi-brigades et les suivirent en France . Sousce rapport donc, l’armée française était plus que suffisante pour combattre leshordes indisciplinées d'Osmanlis que le grand-vizir poussait vers l’Égypte . Lesarmes et les munitions ne manquaient pas non plus, ainsi que Kléber l’avaitécrit, puisqu’on s’y battit encore pendant deux ans avec ce qui restait en maga-sin. Les ressources du pays étaient aussi plus que suffisantes pour faire subsisterl’armée. L’Égypte, sous le gouvernement des Mameluks , payait 40 millionsd’irnpôls annuels. Il est vrai que ces impôts étaient perçus le sabre au poinget qu’ils ruinaient ce malheureux pays; mais on pouvait sans peine, ainsi quecela a été prouvé depuis, fixer l'impôt à 25 millions. Or, il suffisait de 16 à 18millions pour subvenir à tous les besoins de l’armée. Quant aux dangers quimenaçaient en ce moment la colonie, ils n’étaient pas assez sérieux pour forcerKléber à prendre une détermination qu’on aurait eu peine à approuver aprèsune défaite éclatante.
En effet, lors du départ de Bonaparte, la conquête de l’Égypte était assurée.La victoire des Pyramides avait brisé la puissance des Mameluks; Desaix, dansla Haute-Égvpte, avait achevé de détruire ceux qui avaient échappé au désastred’Embabelh; la victoire du Mont-Tliabor avait épouvanté et détruit l’armée deSyrie; celle d’Aboukir avait anéanti les meilleures troupes de l’armée turque .Il ne restait donc à Mourad que quelques centaines de cavaliers (pie deux co-lonnes mobiles poursuivaient sans relâche; au pacha d’Acre, Dejezzar, et augrand-vizir, Jusuf-Pacha, que des armées, ou plutôt que des hordes indisci-plinées, incapables de tenir plus de quelques heures devant nos bataillons (1).
(1) Les institutions militaires des Turcs sont si différentes de celles des Européens , que nouscroyons être agréable à nos lecteurs en donnant un aperçu sur ces institutions. Il est vrai que denos jours un ministre actif et intelligent, Reschid-Pacha, et un souverain plein d’idées de progrèset doué de l’instinct militaire, Abdul-Mejid , ont commencé à introduire dans l’armée turque d’utilesréformes, en rapport avec celles des autres nations de l’Europe . Mais ces réformes sont loin d’êtreradicales, et ne portent que sur des questions de manœuvres et d’armement. Le fond de la con-stitution militaire de l’empire ottoman est le même qu’à l'époque de l’expédition d’Égypte . Lesforces militaires de la Turquie pouvaient être alors évaluées à 200,000 hommes, savoir: 50,000janissaires (fantassins), 25,000 topdjys (artilleurs), 15,000 spahis (cavaliers), formant 90,000hommes de troupes régulières; 120,000 toplatys ou milice féodale , servant à ses frais pendantla guerre, et ayant pour renfort le serrat-couly ou milice soldée des pachas.
Comme on le voit, l’armée turque est divisée en deux classes : l'armée régulière restant sousle drapeau, et l’armée irrégulière convoquée lorsque la guerre est déclarée nationale ou sainte.
Les janissaires formaient, dans l’origine, une espèce de légion prétorienne, ils étaient divisésen 196 ortas ou corps distingués par le numéro de leurs chambrées dans les casernes de Con-stantinople , ou par le numéro de leurs tentes dans les camps. Les janissaires furent longtemps