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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

de la moitié de ces 8,000 hommes furent pris ou tués. Le reste se sauva endésordre sur les embarcations, abandonnant aux Français tous leurs drapeauxet cinq pièces d’artillerie. Pendant ce temps, Kléber négociait avec l'amiral an-glais et le grand-vizir sur l’évacuation de l’Égypte . Un armistice venait d’être si-gné. Malgré cela, les troupes ottomanes continuaient d’avancer vers les frontièresde la Syrie , et faisaient le siège du fort d’El-Arisch. Les troupes françaisesétaient échelonnées à Belbeys, Salahieh, Katieli et El-Arisch.Cette dernière placeétait regardée par Bonaparte comme la clef de l’Égypte, du côté de la Syrie ;aussi l’avait-il fait mettre dans un état de défense respectable. Mais dans cettegarnison avaient germé les imprudentes et funestes dispositions manifestéespar le général en chef et par les autres officiers. Les soldats, placés là au mi-lieu de ce désert, soupiraient après le retour en France . Informés que des né-gociations avaient lieu pour l’évacuation de l’Égypte , ils attendaient avec impa-tience l’heure où ils devaient abandonner ce pays maudit pour eux, oubliantque la patrie est partout où flotte le drapeau national. L’armée ottomane com-mença le siège d’El-Arisch sous la direction du colonel anglais Douglas. Sesefforts furent aisément repoussés. Le feu de nos batteries éteignit bien vitecelui des ennemis. Cependant ils parvinrent à pousser les tranchées jusqu’ausaillant d’un des bastions. La garnison fut sommée. Un parlementaire fut en-voyé au commandant pour lui expliquer l’état des négociations. Mais le colonelGazais était un homme de cœur. 11 refusa énergiquement d’écouter les propo-sitions qui lui étaient faites. Le fort était imprenable. La garnison se révolta.Le drapeau de la France fut abattu et relevé; une lutte s’engagea entre lestroupes françaises . Cazals essaya vainement de les apaiser en leur parlantde discipline et d’bonneur. Quelques hommes se rangèrent autour de lui; maispendant ce temps d’autres révoltés jetèrent aux Turcs , du haut des murailles,des cordes qui leur permirent de les escalader. A peine dans la place, les Otto-mans égorgèrent indistinctement tous ceux qui s’y trouvaient, en commençantpar ceux mêmes qui les avaient introduits. 150 environ, qui se défendaientcomme des lions, durent la vie à l’intervention du colonel anglais Dou-glas et échappèrent seuls à ce désastre.

Cet horrible massacre produisit une douloureuse sensation dans l’armée.Kléber en fut indigné, mais pas autant peut-être qu’il aurait dû l’être; car lesnégociations ne furent point rompues, et la convention d’El-Arisch fut signéepour ainsi dire sur les cadavres de nos malheureux soldats. Aux termes decette convention, l’armée française devait être transportée en France tant surses propres vaisseaux que sur ceux des Turcs ; elle devait livrer immédiate-ment à ceux-ci toutes les places de l’Égvpte, à l’exception d’Alexandrie , Ro-sette et Aboukir, où devait avoir lieu l’embarquement, et la ville du Caire , quine devait être livrée que quarante-cinq jours après la signature du traité.Kléber, dans sa franchise toute militaire, s’empressa de mettre à exécution lesconventions arrêtées. Il remit aux Osmanlis les villes de Katieh, Salahieh, llel-beys, Damiette et Lisbelh. Déjà les troupes commençaient à évacuer le Caire et étaient en marche vers Alexandrie , quand il fut informé que la conventionin. 11