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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

son nom français le nom arabe d’Abdallah. Menou était le doyen d’âge des gé-néraux; il dut son élévation à cette circonstance. Mais aucun des générauxde l’armée d’Égypte n’était moins capable que lui d’exercer un pareil com-mandement. Dès ce jour, la colonie d’Égvpte fut perdue pour la France .

Bonaparte cependant avait tenu sa parole. A peine arrivé au pouvoir, il s’é-tait occupé de sa colonie bien-airnée. Il avait chargé l’amiral Gantheaume, siheureux dans son retour, de tenter de nouveau la fortune avec 4 vaisseaux etplusieurs frégates, et de transporter aux bords du Nil un puissant secoursd’hommes, d’argent et de munitions. 11 est vrai que l’expédition de Gan-theaume ne réussit qu’imparfaitement. Arrivé à Gibraltar , il apprit qu’uneflotte anglaise croisait dans la mer d’Égypte , et, dans la crainte de compro-mettre les restes de notre marine, il se contenta d’envoyer, à tout hasard, eten messagères perdues, les frégates la Régénérée et le Lodi. Mais, contre touteespérance, ces deux frégates traversèrent heureusement les croisières an-glaises, et entrèrent dans le port d’Alexandrie , où elles débarquèrent300ou 400hommes, une compagnie d’artillerie et des munitions de guerre. Ce secours,tout faible qu’il était, prouvait à l’armée d’Égypte que, de près comme de loin,le génie de Bonaparte veillait sur elle.

L’Angleterre était parvenue à former une nouvelle ligue avec la Turquie . Cerichepaysd’ÉgypteavaitpourleGrand-Seigneurunattraitsi puissant, que, mêmeaprès lesdéfaitesd’Aboukiretd’HéliopoliSjil n’hésita pasà tenter un nouvel effort.Une troisième expédition formidable se préparait à Rhodes . Menou en fut in-formé; mais il ne voulut point y croire, et ne prit aucune disposition. Enfin,le 4 juin, le général Friant, qui commandait à Alexandrie , envoya un cour-rier au général en chef pour lui annoncer l'apparition d’une nombreuse flotteanglaise. Celui-ci, pensant que l’intention des ennemis était, comme la dernièrefois, de faire sur les côtes une tentative de débarquement, afin d’opérer unediversion en faveur de l’armée ennemie qui s’avancerait par la Syrie , prit sesdispositions dans ce sens. Mais, celte fois, la flotte qu’on avait signalée étaitcomposée de 6 vaisseaux, de 6 frégates, de 8 navires armés en flûte, de 3 bricksarmés en guerre, d’une corvette et de 39 bâtiments de transport auxquels s’é-tait réunie l'escadre du Grand-Seigneur. La flotte de la Grande-Bretagne avaità son bord 17,000 soldats anglais; l’escadre turque 6,000 janissaires et alba-nais. L’armée anglaise était commandée par lord Abercromby, le même qui,dans la campagne de 1799, avait opéré une descente au Zuyderzée. L’arméeturque obéissait à un capitan-pacha. L’armée de débarquement s’élevait doncà un tiers de plus que l’armée d’Égypte . Pour faire face à un tel danger, ilaurait fallu un homme comme Kléber ou Desaix, capable de grandes résolu-tions et ayant la confiance des troupes; mais ils étaient morts tous les deux, etMenou non-seulement était incapable d’exercer le commandement en chefdans de telles circonstances, mais il n’exerçait aucune influence sur les soldats,pour lesquels il était devenu un objet de raillerie. Cependant, la flotte anglaisese porta vers Aboukir . Friant avait à peine 2,300 hommes, il n’en fit pas moinsbonne contenance et s’apprêta à jouer cette redoutable partie. Le général