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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
tombe frappé d’une balle et de deux coups de baïonnette. Une mêlée épouvan-table commence alors; une lutte s’engage d’homme à homme. Un officier dedragons reconnaît le général en chef anglais à son uniforme, s’élance sur lui,renverse tout ce qui s’oppose à son passage, l'attaque corps à corps, le blesse,le poursuit, le blesse encore, arrive en même temps que lui sous sa tente, lesaisit à la gorge, roule avec lui sur la poussière, le frappe mortellement detrois coups de sabre, se relève, voit la moitié de ses compagnons morts, etmeurt à son tour avec ce qui reste à mourir.
C’est le dernier effort du lion. La journée était perdue. Régnier rallie toutce qui demeure encore debout sur le champ de bataille et ordonne la retraite,qui s’opère en bon ordre et sans que l'ennemi, épouvanté de ce courage déses-péré, ose sortir de ses retranchements pour poursuivre une armée de deuxtiers moins forte que la sienne.
Cette bataille, où jamais peut-être le courage d’une armée française ne s’é-tait montré si prodigieux, fut la dernière livrée sur le sol d’Égypte . Envertu du traité d’évacuation signé entre le général Menou et Hutchinson, l’ar-mée que Bonaparte avait amenée trois ans auparavant, l’armée qui avait con-quis l’Égvpte et tracé la plus extraordinaire de nos légendes militaires, s’em-barqua le 20 septembre 1801, troisième jour complémentaire de la capitulation,et revint en France , où elle commença une nouvelle série de travaux et devictoires qui contribuèrent à la grandeur de l’ère impériale.
Ile Saint-Domingue. — La colonie de Saint-Domingue jouissait depuis sonétablissement des douceurs de la paix. Sa prospérité, ses richesses allaienttoujours croissant. Les Européens y arrivaient en foule et les vaisseaux desdeux mondes encombraient son port. L’Angleterre, qui voyait d’un œil d’enviela prospérité de cette colonie française, s’empressa, aux premières lueurs dela révolution, d’y souffler le feu de la discorde civile. Les blancs se divisèrent,les affranchis réclamèrent l’entière jouissance de leurs droits politiques, lesnègres soupirèrent après la liberté. Saint-Domingue fut bientôt en proie à tousles malheurs de la guerre civile : ses manufactures furent dévastées, ses cam-pagnes incendiées et son commerce anéanti. Pour remédier à tant de maux,la France députa, en 1792, des commissaires revêtus de l’autorité absolue. Legénéral Galband commandait la place, lorsque les délégués Polverel et San-tlionax lui firent connaître leur pouvoir, qui renversait l’ordre suivi jusqu’a-lors : le pouvoir militaire allait être maintenant subordonné au pouvoir civil.Un tel changement, opéré aussi subitement, fit naître la mésintelligenceentre les magistrats et les généraux. Les commissaires, forts de leur droit,destituèrent presque aussitôt le général, le firent embarquer et conduire enFrance . Un tel acte ne pouvait amener que des résultats fâcheux. Plusieursofficiers supérieurs, qui avaient refusé d’entrer dans les vues des nouveauxcommissaires, furent déportés avec le général Galband. Ces chefs gagnèrentles marins en leur montrant Galband cornu.e une victime sacrifiée par desmagistrats jaloux. Dès qu'ils eurent corrompu les marins, ils ordonnèrent derebrousser pour débarquer au lieu de leur départ. Galband, maître des forces