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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES REGIMENTS .

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Celle terrible catastrophe fut le premier signal de l’abolition partielle del’esclavage des noirs; mais ce fut pour cette île malheureuse une source in-nombrable de maux.

La république avait fait place au consulat. L’ordre renaissait, et la paixd’Amiens permit au premier consul de rétablir dans Saint-Domingue l’autoritéde la mère-patrie et de faire cesser l’influence des Anglais dans cette île. Legénéral Leclerc fut chargé dfe cette expédition, et l’amiral Villaret du comman-dementde la flotte. Elle arriva, après quarante-six joursde traversée, à la hauteurdu cap Samana. Une escadre fut détachée pour aller prendre possession de San-Domingo. On continua de voguer jusqu’à la hauteur de la Grange, où l’arméefut encore partagée en trois divisions. La première était destinée pour le Port-au-Prince, la seconde pour le Fort-Dauphin et la troisième pour le cap Fran-çais. On ne savait trop si on trouverait dans l’homme de couleur qui gouver-nait Saint-Domingue un Français fidèle ou un Africain révolté. ToussaintLouverture avait-il conservé la colonie pour la métropole ou pour ses ennemis?Secondera-t-il les vues du premier consul, ou, pour satisfaire son ambition per-sonnelle, ce gouverneur allumera-t-il la guerre civile? Dans cette incertitude,toutes les mesures devaient être prises. Tandis que le général Rochambeau dé-barquait, le 4 février, dans la baie de Macenille, voisine du Fort-Dauphin , le gé-néral Leclerc se présentait devant la rade du Cap, dont l’entrée n’est praticableque depuis onze heures du matin jusqu’au soir. Les balises en avaient été en-levées pendant la nuit. Une frégate et un cutter se présentèrent dans la passe;mais, arrivés devant le fort Picolet, ils furent accueillis par une décharge àboulets rouges. Peu après, un capitaine de port, nommé Yangos, vint à bord duvaisseau amiral signifier que le général noir Christophe, commandant au Cappour Toussaint Louverture avait pris l’invariable résolution de brûler cette mal-heureuse ville et de massacrer les blancs dès le moment où on ferait quelquesdispositions pour la descente. Une députation des premiers habitants du Capvint confirmer cette barbare résolution. Pour prévenir l’exécution de ce projet,le général Leclerc crut qu’il était plus convenable de dérober aux noirs la vuedu débarquement et de se diriger vers l’embarcadère de Limbé, malgré lefeu d’une batterie que les grenadiers français eurent bientôt enlevée. Toutesles habitations environnantes étaient désertes; les noirs cultivateurs avaient fuià l'approche des troupes qu’on leur avait dites composées d’Anglais et d’Espa-gnols , destinées à faire la conquête de l’île et à passer tous les noirs au fil del’épée. Leclerc rencontra Christophe sur le Morne-aux-Anglais et le hattit.Dès que la descente fut opérée, l’amiral Villaret commanda aux vaisseaux leScipion et le Patriote de s’avancer vers la rade pour attirer l’attention de l’en-nemi sur eux. Le Scipion était à peine à portée du fort Picolet, qu’il tira surlui plusieurs coups de canon; bientôt tous les forts dirigèrent une grêle debombes et de boulets sur ce vaisseau. Il y répondit par le feu de son artillerie.La nuit ne permit pas de continuer cette première entreprise. L’escadre s’éloi-gnait, quand le Morne de la ville réfléchit une lumière rougeâtre, signe tropcertain de l'incendie du Cap; et elle demeura saisie d’effroi à la vue de ce spee-