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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 99

de manœuvres où se formèrent les chefs et les soldats, cette armée que l’his-toire a baptisée du nom de Grande-Armée.

Légions. — La loi du 29 avril 1792 avait créé six légions composées chacune de deux batail-lons d’infanterie légère, d’un régiment de chasseurs à cheval ou de dragons et d’une divisiond’ouvriers. On en forma successivement plusieurs autres; mais les lois du 21 février 1793 etdu 9 pluviôse an ii ordonnèrent leur incorporation : l’infanterie forma de nouveaux bataillonsde chasseurs à pied, et la cavalerie servit de noyau à huit nouveaux régiments de chasseurs àcheval. Voici le nom de ces légions :

Légion de Kellermann ou de la Moselle . — De Luckner ou du centre. — Des Ardennes ou deMyazinsky. — Des Alpes. — Du Midi ou des Américains composée d’hommes de couleur satis-faits d'habiter la terre de la liberté, dit le décret de création, et commandée par le célèbrechevalier de Saint-George. — Nationale du Midi ou de Monlesquiou. — Nationale des Pyrénées .Castelverd, chef.—De la Montagne, fille des sociétés populaires, levée à Marseille par BarrasetSer-vières. —Nationale des montagnes des Pyrénées ou de Miquelets. — De Roseuthal, levée par lecitoyen d’Hingue. — Nantaise, organisée en Vendée par le représentant Dubois-Crancé . — DesFrancs, levée à Mayence en mai 1793.

En l’an iv, le général Hoche forma dans l'ouest la première légion des Francs ou légion Rouge,et la deuxième légion des Francs, qui furent toutes deux incorporées dans la ligne l’année sui-vante.

L’arrêté du 17 ventôse anvm, qui ordonnait la formation d’une armée de réserve, prescrivitl’organisation à Dijon d’une légion volontaire de la réserve du premier consul, commandée parle chef de brigade Labarbée, et composée de jeunes gens de riches familles échappés à la con-scription. L’infanterie portait l’uniforme des troupes de ligne, et la cavalerie, équipée à la hus-sarde, avait une pelisse couleur jaune clair qui fit donner aux soldats qui la portaient le sur-nom de Canaris. Cette légion fut licenciée et incorporée eu l’an ix, après avoir fait une seulecampagne à l’armée des Grisons.

Les légions de réserve de l’intérieur, créées au nombre de cinq par décret du 20 mars 1807,pour la défense des frontières, s’organisèrent à Lille, Metz, Rennes, Versailles et Grenoble . Ellesavaient, dans l’origine, pour chefs les généraux Colaud, Sainte-Suzanne, Demont, Laboissière etValence.

Contrairement au principe de leur institution, les trois premiers bataillons de ces légions en-trèrent en Espagne à la fin de 1807 avec le corpsdu général Dupont, et trouvèrent la mort ou lacaptivité snr le champ de bataille de Baylen, à Cabrera et sur les pontons de Cadix . Les qua-trièmes bataillons de chaque légion les remplacèrent à l’armée d’Espagne . On réorganisa les ca-dres des trois premiers bataillons, qui furent complétés, et on en forma,.le 1 er janvier 1809, deuxrégiments qui prirent dans la ligne les numéros 121 et 122.

Troopes corses. — La Corse a toujours été une pépinière fertile pour l’armée.

De l’an v à l’an vit, elle avait fourni plusieurs compagnies franches et des corps d’éclaireurspour le maintien de la tranquillité publique.

Le 8 prairial an vi, le général Bonaparte , étant à bord du vaisseau l’Orient, avait créé deuxcompagnies franches dites du Golo et du Liamone, qui subsistèrent jusqu’en l’an xii, époque deleur fusion dans le bataillon de chasseurs corses au camp de Saint-Omer .

Durant la période impériale il fut levé en Corse une grande quantité de corps de troupesdont il sera parlé en temps et lien.

Les Miquelets ou chasseurs basques étaient connus dans les armées françaises depuis plusieu xsiècles, d’abord sous le nom de Vascons, puis sous celui deCanlabres.

Dès 1793 on forma, sous le nom de Miquelets. à l’armée des Pyrénées-Orientales, une demi-brigade basque, dont les débris furent réunis en bataillons de chasseurs basques, qui existaientencore à la tin de l’an Ai.