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HISTOIRE DE L’ARMÉE
Eli l'an vin, le premier consul en reconstitua deux bataillons, qu’il envoya en Italie avec l’ar-mée de réserve, en leur conservant leur ancien drapeau, afin, écrivait-il. que l’on distinguâtles braves habitants des Pyrénées et que le peuple connût mieux tous les services qu'ils avaientrendus à la patrie. Ces bataillons, affaiblis par la guerre, furent incorporés dans la ligne, àBerne , en prairial an ix.
Les Miquelets reparurent plus nombreux et plus aguerris que jamais, en 1808, avec les guerre sde la Péninsule. Nous en parlerons à cette époque.
Dépôts coloniaux. — Il en existait un, dès l’an vt, à Rochefort; il fut supprimé sous le titrede Dépôt des Antilles , le 27 floréal an ix.
A la même époque, on voit créer des dépôts coloniaux au Hâvre, à l’ile de Ré et à Morlaix .
L’organisation régulière et complète des dépôts coloniaux date du 20 frimaire an xi. On lesdestina dès lors à recevoir les soldats dont la présence était nuisible dans les corps.
Ces dépôts furent établis à Dunkerque, au Hâvre, Nantes, Rochefort etl’lle de Ré, Bordeaux ,Blaye et Marseille .
On embarqua les hommes pour les colonies par escouades de 30 hommes.
Le 28 thermidor an xi, ces dépôts furent organisés en quatre bataillons, qui, réorganisés enseptembre 1810, subsistèrent jusqu’en septembre 1811.
En 1811, l’accroissement de l’armée augmentant naturellement le nombre des soldats indisci-plinés, un décret du 3 août créa quatre bataillons de pionniers coloniaux, qui furent organisés àl’ile de Walcheren , en Corse, à l’tle de Ré et à Belle-Isle : ces bataillons étaient modestementhabillés de tricot et de drap gris de fer. Au mois de septembre 181i, les quatre bataillons colo-niaux et les quatre bataillons de pionniers coloniaux furent amalgamés en quatre nouveauxbataillons coloniaux.
Hussards a pied. —Créés à deux bataillons par l’arrêté du 13 floréal anvm, ilsavaient pour uni-forme le pantalon et le dotman gris-de-!oup mélangé, avec le collet et les parements garance, legilet bleu de ciel, les souliers et les guêtres en cuir, le sac de peau, le ceinturon, la giberne, lebriquet et le fusil avec baïonnette. Employés à l’année de réserve pendant la campagne deMarengo, ils furent incorporés, dans le courant de l’an ix, dans les 18 e , 19 e , 45 e , 80 e et 87 e demi-brigades de bataille.
Aérostiers. —Le 13 germinal an n, on créa une compagnie d'aérostiers, qui devint l re com-pagnie et servit à l’armée de Sambre-et-Meuse jusqu’à la lin de l’an v; passée en Égypte , ellerentra en France avec l’armée d’Orient, en l’an x, et fut supprimée conformément à un arrêtédu Directoire du 29 pluviôse an yii, resté jusque-là sans exécution.
L’uniforme des aérostiers consistait en babil-veste et culotte blancs, passe-poil rouge au collet,parements noirs, boutons d’infanterie; pantalon et veste de coutil pour le travail. Le citoyenCoutelle, capitaine du génie, commandait celle compagnie.
Une 2 me compagnie d’aérostiers fut créée le 5 messidor au n, par suite du dédoublement dela l re compagnie, organisée à Meudon et sur le même pied que la t re , et envoyée à l’armée duNord. Le capitaine L’Homond en eut le commandement.
Elle servit successivement aux armées du Nord et du Rhin , et fut supprimée en conséquenced’un arrêté du 29 pluviôse an vii.
Indépendamment des deux compagnies d’aérostiers, employées aux armées de Sambre-et-Meuse et du Nord , il existait dans le château de Meudon, sous la direction du citoyen Conté,depuis membre de l'Institut, une école aérostatique organisée définitivement le 10 brumairean ni. Cet établissement servait de dépôt aux deux compagnies, on y préparait tout l’attiraildestiné aux armées, on y faisait des expériences. Cette école, passée an département de l’inté-rieur en l'an vii, fut définitivement supprimée en l’an ix.
Dromadaires.— C’est à l’époque de l’expédition de Syrie que Bonaparlecréa le corps des dro-madaires. Cecorps, composé d’abord d’une compagnie, fut ensuite porté à plusieurs. Il avait été insti-tué pour lutter de vitesse avec les Arabes nomades du désert et pour servir d’éclaireur à l’armée dansces mers de sable. Le dromadaire, par la rapidité de sa marche, permettait aux éclaireurs defaire jusqu’à vingt-cinq lieues par jour sans s’arrêter.
Quelquefois deux hommes placés dos à dos menaient le même dromadaire, qu’on chargeait