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éléments, puissante par son organisation, son savoir et son expérience, intel-ligente par les talents de ses officiers, commandée par le premier capi-taine du monde, elle surpassait alors toutes les armées anciennes et mo-dernes.
«Il y avait un demi-siècle que les éléments de la tactique moderne avaientété fixés dans les camps prussiens. Napoléon ne trouva rien d’essentiel à ychanger, mais il en étendit l’application à des circonstances nouvelles. L'ordreen colonne acquit un nouveau crédit; on en outra même quelquefois les pro-portions; c’est au point que dans les derniers temps, à Àlbuera, à la Moskowa,à Waterloo , on en forma douze bataillons déployés l’un derrière l’autre. Maisce ne furent toutefois que des exceptions qui ne détruisirent pas la préférenceque l’on continuad’accorder à la colonne d’une division de front, et surtout à lacolonne centrale de l’ordonnance. On fil front et l’on combattit par le premierrang; le carré devint une formation de règle, non moins employée dans l’offen-sive que dans la défensive. On adopta contre les carabiniers le feu successif parrang. Les troupes furent exercées à remuer de la terre; elles élevèrent desfortifications ou creusèrent des ports. Une noble émulation, qu’entretenait laprésence de l’empereur, portait les colonels à se surpasser les uns les autresdans l'instruction et la tenue de leurs régiments. Les grands simulacres deguerre de Boulogne éclipsèrent les camps et les exercices prussiens.
« A l’expérience qu’ils avaient de la guerre, les généraux ajoutèrent la sciencedes grandes manœuvres qu’il ne possédaient qu’imparfaitement; on les vitintroduire dans les mouvements des brigades, des divisions et même des corpsd’armée, une précision que Ton ne trouvait auparavant que dans les manœuvresdu bataillon. Des camps où, connue à Boulogne , l’ennemi, sans être à craindre,n’est cependant pas éloigné, sont pour les troupes et surtout pour les chefs uneécole par excellence, plus favorable peut-être au perfectionnement des mé-thodes et aux progrès de l’instruction que la guerre même.
«L’organisation générale des armées reçut, dans cette circonstance, une mo-dification importante à signaler. Les divisions, au lieu de rester composées,comme elles l’avaient été sous la république, de troupes de toutes armes, nele furent plus que de troupes de la même arme, infanterie ou cavalerie, enconservant néanmoins pour accessoire une batterie d’artillerie à pied ou àcheval, selon leur nature. La réunion de plusieurs divisions forma, sous lenom de corps d'armée, une fraction nouvelle des grandes armées, dont le com-mandement fut confié aux maréchaux d’empire ou à des lieutenants-générauxde choix. Les divisions d’infanterie et de cavalerie se combinaient dans desproportions variables pour former des corps d’armée; mais il y eut telles cam-pagnes où Ton vit des corps d’armée entièrement composés de cavalerie. Cetteextension donnée à un système d’ailleurs excellent a fait perdre des à-proposaudacieux et décisifs, tantôt parce que le terrain ne s’est pas prêté au déploie-ment de plusieurs milliers de chevaux, tantôt parce qu’une rivalité funeste aempêché les deux armes de s’entraider. En compensation de ces deux incon-vénients, on réunissait plusieurs avantages, et notamment celui de fournir
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