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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

en Angleterre, les fêtes célébrées à l’occasion de l’institution de la Légion-d’Honneur , du sacre, etc., et surtout les camps qui bordaient les côtes del’Océan, le servirent à merveille. Toujours occupé lui-même, il avait aussi lesecret d’occuper toujours les autres. L’émulation qu’il faisait naître parmi leschefs des divers corps, parmi les corps eux-mêmes, en tenant constammenten baleine l’esprit des soldats, faisait oublier insensiblement les usages et lesinstitutions de la république. Les camps présentaient le tableau le plus animéqu’il soit possible d’imaginer par l’activité qui y régnait et par l’industrie quiavait présidé à leur formation. Là, chaque régiment avait son jardin, chaquecompagnie son parterre et son potager; les soldats cultivaient leur coin de terreavec une ardeur incroyable. Ces travaux étaient des délassements des autrestravaux auxquels se livraient tous ces hommes. Indépendamment des manœu-vres qui avaient lieu chaque jour, ils travaillaient encore aux fortifications descôtes, à l’agrandissement dés ports. Avant cette époque, celui de Boulognen’était qu’un havre étroit, formé par l’embouchure de la Liane qui venait leremplir à marée haute et le laissait presque à sec en se retirant. Une seule por-tion de quai y existait où abordaient ordinairement les paquebots. En peu detemps, le cours inférieur de la Liane fut bordé de quais, des jetées furentbâties, un grand bassin fut creusé. A l’extrémité de la jetée, on éleva un fortimmense, qui reçut le nom de fort Napoléon . De semblables travaux furentfaits tout le long des côtes. Vêtus de gros habits d’ouvriers, portant des sabotspour se garantir de l'humidité, logés sous des baraques, bien nourris, grâce àl’augmentation de paie que le prix de leur travail ajoutait à leur solde, lessoldats jouissaient d’une santé excellente qu’entretenaient l’exercice et legrand air. Les camps placés autour de Boulogne ressemblaient, suivant untémoin oculaire, à une ville longue et alignée. Près de la tour d’Ordre domi-nait la baraque destinée à Napoléon ; celle de Berthier venait après; tous lesbateaux plats et les chaloupes étaient successivement rangés dans les différentsports dans l’ordre de départ. Dans le lointain, on apercevait l’Angleterre, et,devant nos côtes, leurs vaisseaux en croisière se balançaient tournant leurscanons aux rivages comme un défi de combat. Ce spectacle causait aux soldatsune impression d’une grandeur inconnue; il leur semblait qu’ils allaient ac-complir des prodiges; tout étaitnouveau pour eux, tout parlait à l’imagination.Cette mer immense allait devenir un champ de bataille et dans les flots allaitpeut-être s’engloutir l’élite de notre armée ; car là, l'homme qui tombe dis-paraît, et les légères chaloupes qui devaient transporter nos soldats en Angle-terre pouvaient être coulées aisément au premier coup qui les atteindrait.Cette pensée n’altéra pas un instant la confiance de ces braves soldats, tant leurassurance était grande et présageait le succès (1)1

(1) « Une chose me frappa, dit dans ses Mémoires la reine Horteuse, qui avait accompagné Na-poléon à sa dernière visite au camp de Boulogne, au milieu de ce spectacle imposant, ce fut lecontraste de nos troupes si remplies de vaillance, elfroi de l’ennemi, lorsqu’elles étaient en cam-pagne, tandis que, vues au repos, elles ne semblaient plus que des enfants faciles à conduire, s’a-