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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 113

Au nombre des réformes nouvelles que la république avait introduites dansl’armée, l'infanterie était de tous les corps celui qui en avait le moins éprouvé.Instruction, habillement, armement, organisation physique enfin, tout étaità peu près dans le même état qu’aux derniers jours de la monarchie deLouis XVI . L’exercice était toujours le même (l’exercice à la prussienne). Latenue se composait du chapeau, si incommode, de l'habit fort long et à pansrelevés, de la culotte courte et de guêtres à jarretières; en outre, les soldatsportaient les longs cheveux relevés en catogan. En un mot, l’infanterie étaitcoiffée ridiculement et habillée d’une manière peu hygiénique. Napoléon fitdisparaître le chapeau après Austerlitz et le remplaça par une coiffure plusmilitaire et plus économique, le shako. Il prescrivit une nouvelle couped’habit qui le rendit beaucoup plus court et presque semblable à des vestes,mais qui du moins permit aux revers de se croiser sur la poitrine; le pan-talon remplaça la culotte, et le catogan disparut. Cet incommode ornement detête, si contraire à l’hygiène et à la propreté, avait cependant beaucoup departisans, et bon nombre de vieux soldats refusaient de se laisser couper lescheveux. L’habit blanc fut un moment adopté; mais l’essai qu'on en fit déplutaux soldats, et le bleu fut conservé. Le fantassin fut alors babillé d’une capote,d’un habit, d’une veste, d’un pantalon de tricot; il avait le shako et le bonnetde police.

Napoléon ne voulait qu’une seule espèce d'infanterie, mais il la voulaitbonne à tout. Il disait que le fantassin de la ligne doit savoir se disperser dansla plaine comme celui de l’infanterie légère, et que le fantassin de l'infanterielégère doit savoir, comme celui de la ligne, reprendre dans l’occasion letact des coudes et se murer de baïonnettes contre la cavalerie; et s'il con-tinua à conserver des régiments d’infanterie légère proprement dits, c’étaitmoins pour établir une différence, qui n’existe que dans des détails insigni-fiants, que pour respecter un usage déjà ancien et d’ailleurs favorable à l’ému-lation.

L’ordonnance en bataille était sur trois rangs. Il était prescrit de manœu-vrer et de défiler par divisions quand les six compagnies étaient présentes aubataillon. En l’absence des compagnies d’élite, on agissait par peloton d’unecompagnie. L’infanterie française était alors composée de 90 régiments deligne et de 27 régiments légers. En 1805, l’infanterie comptait, outre ces 117régiments, 12 bataillons de la réserve et une trentaine de bataillons étrangers,Corses, tirailleurs du Pô, chasseurs d’Orient, pionniers noirs, etc.

Pour terminer cet aperçu sur l’infanterie, ajoutons que c’est au camp deBoulogne que fut formé ce corps de 10,000 grenadiers et carabiniers réunisqui s’immortalisa dans la campagne de 1805 et poursuivit au pas de course,d’Ulm en Bohême, les chevaux ennemis.

Cavalerie. — Napoléon fit beaucoup pour cetle arme. II établit d’une ma-nière bien distincte la division de grosse cavalerie, de cavalerie mixte ou deligne, et de cavalerie légère. Il augmenta la grosse cavalerie et la cavalerie deligne et diminua la cavalerie légère qui, sous la république, avait pris une