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Tome troisième.
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lu HISTOIRE DE L’ARMÉE

extension démesurée. En effet, durant la période qui venait de s’écouler, la ca-valerie légère avait été disséminée dans les divisions, et la grosse cavalerie,dont on ne savait tirer qu’un parti médiocre, formée en petites masses; ensorte que la cavalerie n’avait jamais eu le rôle tranché et décisif qu’elle allaitavoir désormais. Napoléon réunit donc toute sa cavalerie légère en divisions etcorps armés, ne donna qu’une brigade à chaque corps d’infanterie, et formade sa grosse cavalerie des réserves formidables. En 1802, la grosse cavalerieétait composée de deux régiments de carabiniers et de trois régiments de cui-rassiers seulement, formés des 5 e , C e et 7 e régiments dits de cavalerie. C’est de-puis cette époque qu’il existe une arme distincte de cuirassiers.

Napoléon porta le nombre des régiments de cette arme à douze, en y faisantentrer les 1 er , 2 e , 3 e , 4 e , 8 e , 9 e , 10 e , 11 e et 12 e régiments de cavalerie. Dès-lorscette dénomination sans signification exacte fut effacée du vocabulaire mili-taire. Le nombre des escadrons fut d’abord fixé à quatre, composés de deuxcompagnies de 102 hommes chacun. En 1807, on forma un 5 e escadron, et laforce de chaque régiment de grosse cavalerie fut fixée à 1,040 hommes,dont 41 officiers (1).

Ajoutons, pour ne plus revenir sur ce sujet, qu’en 1809 le cinquième esca-dron fut dissous dans les douze régiments de cuirassiers, mais que, par la for^mation d’un treizième régiment, l’effectif de cette arme ne fut point diminué.En 1812 il y avait quatorze régiments de cuirassiers (2).

L’uniforme des deux armes fut également changé. Les régiments de grossecavalerie ressemblaient auparavant à des gendarmes de police, et n’avaientrien de ce qui doit constituer la première arme de cavalerie. L’uniforme descarabiniers consistait en un bonnet à poil, habit bleu avec revers rouges ga-lonnés, culotte de peau, gilet de peau, plastron en fer bronzé, épaulettes galon-nées en argent. En 1810, ils quittèrent le bonnet à poil pour le casque en cui-vre, à chenille rouge; le plastron pour la cuirasse jaune, avec le soleil blanc.Leur grande tenue se composait de l’habit blanc; la petite tenue de l’habitbleu de ciel. Cet uniforme était emprunté à l’Autriche : ce fut, dit-on, par ga-lanterie pour Marie-Louise. Leur armement était la carabine, les pistolets etle sabre droit.

L’uniforme des cuirassiers était, à la même époque, habit-veste bleu; pourcouleur distinctive: de 1 à 3, écarlate; de 4 à 6, aurore; de 7 à 9, jonquille; de

(1) L’élat-major des régiments de cavalerie fut ti\é ainsi qu’il suit : 1 colonel, 1 major,2 chefs d’escadion, 2 adjudants-majors, 1 quartier-maître, 1 chirurgien-major, 3 aides ou sous-aides chirurgiens, 2 adjudants sous-ofticiers, t brigadier trompette, 1 artiste vétérinaire, 1 maî-tre tailleur, 1 sellier, 1 culottier, 1 bottier, 1 armurier-éperonnier.

(2) A cette même époque Napoléon voulut faire entrer un régiment de cuirassiers dans lagarde impériale. David fut chargé de dessiner un uniforme pour ce corps d'élite. Quatre gre-nadiers à cheval furent choisis à cet effet et habillés d’après ce projet. Napoléon les lit défiler àla parade. Us avaient le casque à la romaine, en acier poli, la cuirasse avec l’aigle impériale,et la jaquette dépassant la cuirasse et figurant l’ancienne cotte de mailles. L’uniforme fut trouvéthéâtral et incommode, et l’arme des cuirassiers ne fut pas représentée dans la garde impé-riale.