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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. H 5

10 à 12, rose; 13 et 14, lie-de-vin; boutons blancs, épaulettes rouges, casqueà crinière noire, bottes fortes.

L’arme des dragons, qui, sous la vieille monarchie, avait rendu de si grandsservices, fut réduite à un rôle presque nul sous la république; ce nom mêmedisparut un moment avec le décret du 13 pluviôse an xi, qui composa toutela grosse cavalerie sous le nom unique de cavalerie. Tantôt assimilés à la grossecavalerie, tantôt à la cavalerie légère, changeant chaque jour de chefs et desystème, combattant tantôt à pied, tantôt à cheval, disséminés dans les divi-sions d’infanterie, sans autre rôle que celui d’éclairer la marche avant lecpmbat et de poursuivre l’ennemi après la défaite, les dragons perdirent, aumilieu de ces fluctuations, et leur esprit de corps, cette force morale des ré-giments, et leur vieille réputation. L’armée, en voyant ces hommes moitiéfantassins et moitié cavaliers; sans rôle tranché, sans homogénéité, chargeantmal, parce qu'ils étaient mal montés; exécutant mal l’exercice, parce que lescavaliers fléchissent péniblement le genou pour exécuter un feu de bataillon;l’armée prononça le mot sabre de bois, et les grossiers quolibets fouaillèrentcette arme jadis célèbre et achevèrent de démoraliser les régiments de dra-gons. Mais quand Hoche, à Neuwied , eut formé des brigades distinctes de dra-gons, quand on eut enfin commencé à leur donner une destination qui leurétait propre, on vit les dragons se relever bientôt dans l’estime de l’armée.« Ils quittèrent les bords du Danube et traversèrent la Bidassoa . L’armée étaitcommandée par lesSoult, les Sucliet, lesSaint-Cyr, qui rendirent à ces hommesdécouragés, mais braves, leur esprit, leurs armes et leur destination. Ici com-mence pour les dragons une vie toute nouvelle. Ce fut le réveil du lion.

« Qu’on lise l’histoire des guerres d’Espagne , partout ce sont les dragons quiécrasent l’ennemi; on les voit, la nuit, combattre corps à corps d’intrépidesmontagnards, le jour, braver les feux du soleil pour se trouver à la bataille dulendemain.

« Les dragons se sont immortalisés en Espagne ; on y prononce encore leurnom avec terreur (1).

« Aussi, pendant qu’on faisait subir des réductions aux autres corps, celuides dragons fut augmenté. De 1793 à 1804, il n’y eut que vingt régiments dedragons; en 1804, il y en eut trente, qui subsistèrent jusqu’à la restauration.

« Lorsqu’en 1814 le Nord fondait sur la France , ajoute l’auteur des Es-quisses militaires, que nos soldats, écrasés par le nombre et la trahison, fai-saient cette immortelle campagne où le génie et la valeur furent si grands,l’armée entière demanda les dragons d’Espagne .

« Ils arrivèrent poudreux, déchirés, le teint hâlé, tout couverts de blessures,parurent sous Nangis et Provins , virent l’ennemi, chargèrent, et tout futculbuté.

« A ces têtes étincelantes, à ces crinières flottantes, à ces cris de vengeance,l’ennemi se crut attaqué par des lions (2). »

(1) Ambert, Esquisses militaires.

(â) Sainle-Chapelle, Institutions militaires de France .