HISTOIRE DE L’ARMEE
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C’étaient les dragons d’Espagne !
L’uniforme des dragons était l’habit vert, le manteau de drap blanc piquéde bleu, casque à crinière surmontée d’une houppette en crin, épaulettes vertesgarnies d’un liséré écarlate, boutons plats et blancs, grenades vertes. Lesrevers retroussés formaient les couleurs distinctives des régiments. Ils étaient,de 1 à 6, écarlate; de 7 à 12, cramoisi; de 13 à 18, rose foncé; de 19 à 24, jon-quille; de 23 t à 30, aurore.
Les dragons formaient alors la cavalerie mixte. Quant à la cavalerie légère,l’organisation de 1804 en diminua l'effectif. En 1794, les régiments de chas-seurs furent portés à six escadrons de deux compagnies de 116 hommes. Na-poléon les réduisit à quatre escadrons; il conserva néanmoins les vingt-quatrerégiments de chasseurs et les dix régiments de hussards qui existaient à cetteépoque (1). Un régiment de chasseurs et un régiment de hussards faisaientpartie de la garde impériale.
Nous n’essaierons point de dire ici les services de la cavalerie légère. Nousavons vu que, sous la république, elle composait presque exclusivement lacavalerie de bataille. Sous l’empire, son rôle ne fut pas moins brillant. Entraî-née sur les pas des Murat, des Lassalle, etc., elle traversa au galop de ses che-vaux les mille champs de bataille de l’empire, sabrant, culbutant, dispersant,balayant devant elle les épais escadrons des ennemis; et, après avoir visité uneà une et par journées d’étapes les capitales de l’Europe , elle s’enfonça un jour,emportée par son élan, dans les steppes glacées de la Russie , bivouaqua àMoscou, cette sentinelle avancée de l’Asie , et périt presque tout entière aumilieu des frimas du pôle, sur les bords funèbres du Niémen .
La cavalerie, au commencement de l’empire, présentait donc un effectif de80,000 hommes environ, tous montés.
Pour fournir des officiers capables à cette arme sans cesse détruite et sanscesse renouvelée, Napoléon établit à Saint-Germain une nouvelle école decavalerie sur le modèle de celle de Saint-Cyr , et qui pouvait fournir annuelle-ment de 130 à 200 officiers de cavalerie. Nous y reviendrons plus tard, en par-lant des écoles sous 1’empire, qui étaient au nombre de cinq : l’école poly-technique, Fontainebleau , le prvtanée militaire de la Flèche, Saint-Germainet Saint-Cyr .
Artillerie. — L’empereur fit éprouver peu de modifications à l’organisationde l’artillerie; mais il en augmenta considérablement le personnel et le maté-riel, à ce point qu’en 1814 le chiffre effectif des hommes attachés au servicede l’artillerie était de 103,336 (2).
(1) Il y avait 26 numéros de l’arme des chasseurs, mais les numéros 17 et 18 étaient vacants.Plus tard, de 1812 à 1813, les états militaires portaient 31 régiments de chasseurs, mais les nu-méros 17, 18 et 30 manquaient. Il existait en 1799 22 régiments de hussards; deux de ces régi-ments passèrent dragons. De 1812 à 1813 il exista 13 régiments de hussards.
(2) L’artillerie se composait, en 1811, de : 9 régiments à pied, de 27 compagnies chacun;6 régiments à cheval, de 6 et 7 compagnies; 3 bataillons de pontonniers, formant 28 compagnies;8 bataillons du train, de li compagnies; 19 compagnies d'ouvriers; 6 compagnies d’armuriers;