ET DE TOCS LES RÉGIMENTS. 117
Dans ces myriades d’hommes et de canons, ainsi que Ta fait observer le gé-néral Foy, l’artillerie à cheval reprit sa destination naturelle. Attachée parbatteries aux divisions de cavalerie, elle les protégeait contre les feux de l’en-nemi et préparait le succès de leurs charges. 11 y eut des batailles, comme àWagrain et à Lutzen , où Ton vit rassembler en une seule batterie jusqu a 80bouches à feu destinées à ouvrir les lignes ennemies et dirigées par les géné-raux de l’arme. Napoléon appelait la bataille de Wagram une bataille à coupsde canon. En effet, le matériel de cette arme employé pendant les deux jour-nées des 5 et 6 juillet dans l’armée française était de 400 bouches à feu. C’estlà que, pour la première fois, l’empereur fit usage des grandes réserves d’ar-tillerie. 60 bouches à feu furent confiées aux régiments d’artillerie de la gardeet dirigées par le comte de Lariboissière lui-même sur le terrain où elles de-vaient agir. Les généraux Drouot et Daboville commandaient sous ses ordres.
L’effet produit par cette formidable artillerie fut immense.
Après la victoire, et tout plein de la part que l’artillerie venait d’v prendre,Napoléon voulut qu’à partir de cette époque chaque régiment d’infanterie eûtdeux pièces de canon conduites et servies par les soldats mêmes du régiment.Cette innovation fut abandonnée plus tard.
Jusqu’en 1803, on suivit dans nos armées le système de Gribeauval . A cetteépoque, Napoléon le modifia quant aux bouches à feu. L’ancien obusier futallongé de six pouces et Ton créa celui de 24. Les canons furent réduits suc-cessivement aux seuls calibres de 6 et de 12; mais ces changements ne survé-curent pas à l’empire.
Le général Foy, dans son Organisation militaire, parle ainsi du corps dugénie sous l’empire : « Les ingénieurs élèvent les fortifications permanenteset les fortifications passagères, ils attaquent et défendent les places, ils vont à laguerre. On peut assurer que, sous ces trois rapports, il n’existe dans aucunecorporation militaire au monde plus d’habileté et de patriotisme que dansnotre corps du génie. Alexandrie, Anvers, Juliers , cinq cents autres placesconstruites, restaurées et augmentées, disent assez que l’art de \aubann’est pas tombé en décadence entre les mains des Marescot, des Chasse-loup et des Haxo. L’Europe a été jonchée de nos redoutes et de nos retran-chements. »
C’est surtout en Espagne que l’arme du génie eut occasion de se signalersous l’empire. Saragosse, Tarragone, Ciudad-Rodrigo et vingt autres villes prisesou défendues ont à jamais immortalisé nos ingénieurs français .
Pour préciser davantage, nous ajouterons que le corps du génie se compo-sait, à cette époque, 1° d'un état-major comprenant les ingénieurs proprementdits, ayant, comme dans l’artillerie, un premier inspecteur général, des géné-raux de division et de brigade, etc.; 2° de troupes parmi lesquelles cinq batail-
19 compagnies de canonniers vétérans; 117 compagnies de gardes-côtes ; 33 compagnies de sé-dentaires; 3 régiments d’artillerie delà garde impériale (dont t achevai); 2 bataillons du trainde la garde; 1 compagnie de vétérans de la garde.