ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 119
Il yavait : 1° 10 demi-brigades de vétérans; 2° les vétérans de l’armée d'Orient;3° 9 compagnies de vétérans piémontais; 4° les vétérans de l’armée d’Italie ;5° 14 compagnies de canonniers vétérans; 6° les vétérans de la garde consu-laire, etc., formant un total de 16,000 vieux soldats.
Bonaparte , qui refaisait alors l’empire d’Üccident sur le mode ancien, vou-lut que les vétérans de la république française eussent des terres comme lesvétérans de la république romaine. Il leur lit des concessions de terrain. Descamps de vieux soldats furent établis à Alexandrie et à Juliers ; des terres appar-tenant à l’État leur furent livrées, et 1,000 vétérans, subdivisés en compagnies,entourèrent ces terrains de fortifications et élevèrent leurs habitations dansl’enceinte qu’ils avaient tracée.
En 1804, les vétérans nationaux furent nommés vétérans impériaux et divisésen 25 compagnies de canonniers et 75 de fusiliers.
Cette organisation exista jusqu’à la fin de l’empire.
La garde impériale. — Trente-trois ans se sont écoulés depuis que ce corpscélèbre est tombé dans les champs de Waterloo . Il appartient maintenant àl’histoire, et trop tôt, hélas ! car, selon les belles expressions du général Foy,
« üuiuze ans la garde impériale resta debout au milieu des épouvantements etdes ruines, solide comme la colonne de granit... Un jour elle fut renversée, etce jour-la le joug de l'étranger s'appesantit sur la France !...» Les glorieusesindividualités qui lui ont appartenu et qu’a respectées le temps ne viventplus que dans les impérissables souvenirs de la France et de l’armée, et, siquelques débris de cette immortelle phalange ont survécu aux désastres de laguerre et des ans, pauvres paysans répandus dans nos villages, sans pensionsla plupart, ils passent inaperçus et oubliés au milieu de la foule. Et cependant,que de souvenirs glorieux rappelle le moindre soldat de la garde impériale!Cet homme aux vêtements grossiers, courbé sous le poids de l'âge et des bles-sures, cet homme a visité les capitales de l’Europe. 11 a vu Milan et les palaisde la Brenta et de l'Adige; il a vu Berlin et les vieux châteaux du Rhin ,Vienne et les rives du Danube ; il a inscrit son nom sur les murs de l’Escurial,en Espagne; il a bivouaqué sous les remparts silencieux et tristes du Kremlin , ettraverse sur les glaçons les eaux de la Berésina. Il vous dira les 28 degrés defroid de la désastreuse nuit du 5 décembre 1812; il vous dira l'héroïque dé-vouement de ce bataillon sacré composé de quelques centaines de braves, etcomptant dans ses rangs des officiers supérieurs et des généraux devenussimples soldats, se réunissant spontanément et serrant leurs rangs autour deNapoléon , pour veiller à la fois sur l'empereur et sur les aigles de la gardependant cette funeste retraite. 11 a assiste, cet homme si simple, à la chargefoudroyante de la garde impériale à la journée de Dresde ; il s’est trouvé auxtrois journées sanglantes de Leipsick; il a vu pleurer Napoléon à Fontaine-bleau , lors de ses adieux à la garde; il l a vu sous les frais ombrages dePorto-Ferrajo, méditant le plan de la courte et miraculeuse campagne des Cent-Jours; il a vogue avec lui sur la Méditerranée au retour de l'île d'Elbe; il aentendu, à Waterloo , le dernier et sublime adieu de la garde tombant debout,