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HISTOIRE DE L'ARMÉE
un fusil à la main, pour ne pas survivre au grand naufrage de l’empire...Quelques années encore, et il ne restera plus un seul de ces soldats;mais l’histoire recueillera un jour avec soin les faits glorieux de ce corps àjamais célèbre, et inscrira sur des tablettes d'or le nom de chacun des hommesqui le composaient (1). Bornons-nous ici à rappeler la composition de la garde.
Au mois de septembre 179-2, les gendarmes de la prévôté de l’hôtel furentappelés à veiller au salut de la Convention, avec le titre de grenadiers près dela représentation nationale. Ce corps était composé de quatre compagnies seu-lement. En 1795 (le 6 brumaire an iv), ce bataillon prit le nom de garde ducorps législatif. En 1796, elle devint garde du directoire, puis garde constitu-tionnelle. Après le 18 brumaire, Bonaparte lui donna le nom de garde consu-laire. Ce corps eut dès lors une musique, et bientôt après de l'artillerie. Enmême temps, on créa une compagnie supplémentaire, où l'on admit leshommes qui ne pouvaient plus faire un service actif. Cette compagnie eut lenom de grenadiers vétérans.
Napoléon , en 1801, réorganisa la garde consulaire, en appelant les soldatsd’élite des armées, et forma deux régiments, un de grenadiers et l’autre dechasseurs. C'était le noyau de la garde impériale. Il en donna le commande-ment supérieur à quatre officiers généraux appartenant aux armes de l’infan-terie, de la cavalerie, de l'artillerie et du génie. Ces quatre premiers comman-dants furent : pour les grenadiers, Davolst; pour les chasseurs, Soilt; pour lacavalerie, Bessières, et pour Y artillerie, Mortier. Le 29 juillet 1804, un décretordonna la création de la garde impériale, qui fut ainsi organisée :
Un régiment de grenadiers à pied; un régiment de chasseurs à pied ; un ré-giment de grenadiers à cheval; un régiment de chasseurs à cheval; un corpsd’artillerie; une légion de grenadiers d’élite; un bataillon de matelots; un ba-taillon de vélites, par chaque régiment d’infanterie; un escadron de vélites àcheval, attaché aux chasseurs à cheval; une compagnie de mamelucks.
Voyons maintenant le choix de l’empereur pour les colonels qui devaientcommander ces corps : Grenadiers à pied, général de brigade Hullin; chas-seurs à pied, général Soulès ; grenadiers à cheval, général Ordener; chasseursà cheval, Eugène Beauharnais ; artillerie, colonel Gouin; grenadiers d’élite,général de division Savary ; matelots, d’Augier, capitaine de vaisseau; vélites,Dunoyer; mamelucks, Delaitre; vétérans, Charpentier . Ces divers corps for-maient un effectif d’un peu moins de 10,000 hommes; mais les événementsmarchèrent. Napoléon, forcé de faire face à l’Europe entière, augmenta consi-dérablement la garde, au point d'en former une véritable armée, où il appelasuccessivement les meilleurs soldats des autres corps. Et cependant il fallaitdouze années de service, campagnes comprises, pour être admis dans la garde.Après avoir, pour ainsi dire, énervé pour le recrutement de la garde tous lesautres régiments, nousle verrons, quand les neiges de la Russie et les désastres
(1) En Angleterre, les noms des soldais morts gloiieusement au champ d’honneur sont inscritssur les tablettes de marbre de l'abbaye de Westminster , à côté de ceux des généraux célèbres.