!22 HISTOIRE.DE L’ARMÉE
Passons maintenant aux accroissements successifs de ce corps, depuis lacampagne de 1809 jusqu’à l'invasion étrangère. En janvier 1810, création d’unrégiment de garde nationale de la garde. Il est organisé à Lille et traité, quantà la solde (1) et aux prestations, comme l’infanterie de ligne. Une musiquefut donnée à chacun des régiments de la jeune garde, qui, jusque-là, n’enavait pas eu.
Vers la fin de la même année, création d’une compagnie de sapeurs dugénie; incorporation de la garde du roi de Hollande dans la garde impériale;création d’un second régiment de lanciers polonais ; enfin les marins de lagarde reçoivent une nouvelle organisation.
En 1811, addition aux régiments de tirailleurs et de voltigeurs de quatre ré-giments de même force.
Le régiment dit des petits Hollandais prend le nom de pupilles de lagarde (2); il se compose de deux bataillons sans grenadiers ni chasseurs. Lesconscrits grenadiers deviennent 5 e et 6 e régiments de tirailleurs. On forme unsecond régiment de grenadiers à pied, un second régiment de chasseurs à piedet un cinquième de voltigeurs.
Le régiment des pupilles est porté à neuf bataillons formant un effectif de8,000 hommes. Soldats de quatorze à seize ans pris parmi les orphelins et lesenfants de troupe, les pupilles étaient élevés militairement, instruits aux exer-cices et aux manœuvres par des officiers et des sous-officiers de la garde; de làle nom de pupilles. Pensée généreuse et élevée qui associait ainsi la faiblesse àla force, et formait toute une nouvelle génération de soldats à l’école austère dela discipline, du dévouement et de la gloire! Napoléon veillait avec une rare sol-licitude sur le bien-être de ces pupilles, dont il voulait faire la garde du roi deBorne. La désastreuse rapidité des événements de 1813 et 1814 l’empêcha demettre ce projet à exécution; et, après Lcipsick, quand nos faibles dépôts durentse porter au devant de l’invasion, les pupilles, qui avaient déjà combattu àDresde , furent dirigés sur nos frontières, où ils périrent presque tous par suitedes rudes combats et des misères de la campagne de 1814. C’est ainsi que cesmalheureux enfants acquittèrent envers l’Empire leur dette de reconnaissance.
(1) Tarif de la solde de la garde impériale suivant le décret du 10 thermidor an xii :
Colonel-général, 2,000 fr. (par mois); aide-de-camp-colonel, 800 fr.; aide-de-camp chef de ba-taillon, 500 fr.; aide-de-camp-capitaine, 333 fr. 33 c.; aide-de-camp-lieutenant, 225; inspecteuraux revues, 1,333 tr. 33 c., - commissaire des guerres, 500 fr.; colonel, 750 fr ; major, 516 fr. 66 c.;quartier-maître, 106 fr. 66 c.; officier de santé, 300 fr.; tambour-major, 2 fr. 66 c. (par jour);chef de musique, 5 fr.; capitaine, 300 fr. (par mois); lieutenant en premier, 200 fr.; lieutenanten second, 175 fr.; sous-lieutenant, 150 fr.; sergent-major, 2 fr. 66 c. (par jour); sergent ou four-rier, 2 fr. 22 c.; caporal, 1 fr. 66 c.; grenadier, chasseur, vélite ou vétéran, 1 fr. 16 c.; tambour,1 fr. 38 c.
(2) La première idée de la création d'un régiment de pupilles revient aux Hollandais, qui, de-puis longtemps, entretenaient un corps d’adolescents, dont les pères étaient mort sous lesdrapeaux.Ils étaient élevés militairement aux frais de l’Étal, et formaient plus tard des officiers. Napoléon ,habile à tout utiliser, incorpora d’abord dans la garde quelques compagnies de jeunes Hollan-dais. Ce fut le noyau du régiment des pupilles.