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Tome troisième.
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HISTOIRE DE L’ARMEE

Achevons de résumer les détails sur l'organisation de la garde impériale.

En 1811, ainsi que nous l’avons dit, ce corps d’élite Tut considérablementaugmenté. Trois régiments nouveaux de tirailleurs et de voltigeurs y furentajoutés; on forma un bataillon de sapeurs du génie; la garde du roi d’Espagne y fut incorporée. On créa un corps de volontaires de la garde, composé desouvriers de Paris et des villes manufacturières qui se trouvaient sans ouvrage;on augmenta de douze régiments le corps de la jeune garde, et l’on y plaçades hommes qui contractaient l’engagement de servir jusqu'à ce que l’ennemiait été chassé du territoire français . Enfin des officiers de la garde furent éta-blis en permanence à la caserne Napoléon à Paris et dans les douze mairiespour recevoir des enrôlements volontaires. Tous les militaires qui jouissaientd’une pension de retraite furent appelés dans les rangs de la garde impériale.Promesse leur était faite qu’ils jouiraient de leur pension cumulativementavec la solde d’activité. En ce moment, Russes et Prussiens foulaient le sol dela France, et l’incendie des villages de la Champagne annonçait leur approchevers Paris .

Mais, après tant et de si grands efforts de la part de Napoléon , après tant devictoires, derniers et brillants éclairs de son génie, après tant de dévouementde la part des soldats de la garde, l'histoire de l’empereur et celle de cetteimmortelle phalange se résument par ces quatre mots : l’invasion, la déchéance,l’exil,... et enfin l’admiration de la postérité!

Nous avons fait connaître la composition et la force des divers corps réunisau camp de Boulogne, que nous ne désignerons plus désormais que sous lenom de grande armée, mais il nous reste encore à parler du décret qui institual'ordre de la Légion d’honneur.

L’assemblée nationale, par la loi du 6 août 1791, supprima les ordres dechevalerie, en se réservant néanmoins de statuer s’il ne serait pas utile decréer une décoration nationale et unique pour récompenser les vertus civiles etmilitaires. La Convention, qui effaça jusqu’au dernier vestige des institutionsféodales, décréta, le 27 août 1793 : « qu’il n’y aurait plus d’insignes honorifi-ques; mais que les militaires, à quelque corps qu’ils appartinssent, recevraientà l’avenir la récompense de leurs hauts faits par l’avancement en grade. Enmême temps on les dévouait par un serinent d’honneur à repousser toute en-treprise tendant à rétablir le régime féodal et les titres et qualités qui en étaientl’attribut, à concourir enfin de tout leur pouvoir au maintien de la liberté etde l égalité. »

Un arrêté consulaire du 4 nivôse an vin (26 décembre 1799) porta une pre-mière atteinte à ce principe de la constitution républicaine. Cet arrêté disait :« Des armes d’honneur seront accordées aux militaires qui se distinguerontpar des actions d’éclat en combattant pour la république. »

En conséquence, des sabres, des fusils, des mousquetons, des grenadesd’honneur, furent décernés aux officiers et aux soldats qui s’en étaient rendusdignes.

Ces armes d’honneur, qui rappelaient en quelque sorte les distinctions ac-

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