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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
que l’Océan venait, lui aussi, payer son tribut à l’homme de la destinée. Lesoir, un beau feu d’artifice éclaira tout à coup les côtes de la mer et attira l’at-tention des croisières ennemies et des populations de Douvres . 15,000 hommesen bataille exécutaient des feux de file avec des cartouches à étoile pour ho-norer celle de la Légion d’honneur qui allait briller désormais sur la poitrinedes braves de la grande armée.
Une cérémonie militaire non moins imposante eut lieu au Champ-de-Mars lors de la distribution des drapeaux.
Napoléon, en fondant une dynastie, comme Pépin le Bref , voulut commelui être sacré par le pape, et, nouvel Étienne III, le pape Pie VII traversa lesmonts pour venir placer la couronne impériale sur le front de ce plébéien, élude la France . Étrange destinée de cette nation qui venait de détruire de fonden comble les principes politiques et religieux de ses quatorze siècles de monar-chie, et qui, le lendemain d’une révolution qui avait ébranlé l’Europe , ressus-citait, par l’ascendantd’un seul homme, les cérémonies féodales des vieux siècles.
Mais, en même temps que le pape sacrait le nouvel empereur dans l’églisemétropolitaine de Paris , l’empereur, lui, sacrait les drapeaux de son arméeau Champ-de-Mars . Tous les corps y étaient représentés par une députation.«Soldats, dit-il, voici vos drapeaux. Ces aigles vous serviront toujours depoint de ralliement; elles seront partout où votre empereur les jugera néces-saires pour la défense de son trône et de son peuple; vous jurez de consacrervotre vie pour les défendre et les maintenir par votre courage sur le cheminde la valeur, vous le jurez? — Nous le jurons!» répétèrent d’un cri unanimeles présidents de collège et les officiers de l’armée; puis les députations dechaque régiment s’avancèrent et reçurent, au milieu des plus vives acclama-tions, ces drapeaux qui ne devaient rentrer dans la patrie que noircis par lafumée de vingt batailles et mis en lambeaux par les balles ennemies.
Maintenant ouvrons les bulletins de la grande armée, et suivons le vol au-dacieux de ces aigles qui vont guider nos bataillons dans leur marche à traversles capitales de l'Europe, et froisser sous leurs ailes les étendards russes, an-glais et prussiens, les drapeaux de l’étranger. L’Angleterre ne tarda pas àvioler le traité d’Amiens en refusant de rendre Malte. Bonaparte répondit àcette violation de la foi jurée par l’occupation de l’électorat de Hanovre .Mortier, avec les \ 5,000 hommes qu’il commandait en Hollande, reçut l’ordrede s’emparer des états héréditaires du souverain de la Grande-Bretagne. L’ex-pédition de Hanovre fut une promenade militaire. L’armée se mit en marchele 25mai 1803; le 5 juin, elle occupait leledorat tout entier. Le A juillet sui-vant, l’armée hanovrienne mettait bas les armes, abandonnant à nos soldatson artillerie, ses bagages et tous ses cheveux. Toutefois Mortier respectal’honneur de cette armée et consentit à laisser la liberté aux soldats, aprèsavoir exigé d’eux le serment de ne point porter les armes contre la France pendant toute la durée de la guerre. « L’armée hanovrienne étant réduite audésespoir, écrivit Mortier au premier consul, elle implorait votre clémence.J'ai pensé qu’abandonnéjpar son roi, vous voudriez la traiter avec bonté. »