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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS,blissement de batteries formidables pour les protéger au mouillage, et enfin150,000 hommes de troupes qu’ils pouvaient porter à bord, troupes d’élitecomme on n’en avait jamais vu, la crainte, la consternation, firent bientôt placeà la confiance; un frisson de terreur s’empara de cette nation orgueilleuse,qui n’avait couru jamais un si grand danger. Car cette flottille pouvait passerà la faveur d’une nuit brumeuse; elle pouvait même forcer les croisières an-glaises dans uncombat dont on ne pouvait prévoir l'issue, puisqu'il n’avait jamaiseu de précédents, et 100,000 hommes jetés sur les côtes et commandés par Bona-parte étaient capables de tout. Les mesures les plus énergiques furent adoptées.Au premier débarquement, le drapeau rouge devait être déployé sur toutes lescôtes du royaume. Des signaux furent établis dans toutes les directions afin deréunir en peu de temps 50,000 hommes sous les armes et vers le point me-nacé. Ordre avait été donné d’égorger impitoyablement les Français . Tous leschevaux, toutes les voitures, furent mis en réquisition; la levée en masse futordonnée pour l’armée de terre; l’armée de mer fut portée à 100,000 matelots.Les points les plus accessibles de la côte furent garnis d’une artillerie formi-dable; on construisit des écluses pour inondejr le comté d’Essex; enfin leministère prescrivait qu’aussitôt que les Français seraient débarqués, on in-cendiât les forêts, les villages, qu'on détruisit les chemins et les canaux, qu’ondémantelât les villes, qu’on dévastât les champs et qu’on égorgeât les bestiaux.En même temps, des travaux de fortifications furent commencés autour deLondres . Ce n’est pas tout. Le ministère, peu rassuré par ces mesures extrêmes,eut recours à des moyens plus odieux. 11 fit préparer une grande quantité debrûlots, de catamarans, de machines infernales pour incendier la flottille fran-çaise. L’amiral Keith, qui commandait l’escadre anglaise dans la Manche, fitplusieurs tentatives d’attaque contre les bâtiments français ; mais, dans toutesces rencontres, il fut repoussé avec perte.
Il résolut donc de faire usage des brûlots incendiaires. Lord Melville, pre-mier lord de l’amirauté, se rendit à bord du vaisseau amiral pour juger duterrible effet de ces machines infernales qui devaient, suivant lui, détruire laflottille, etPitt, l’implacable ennemi de la France , qui allait bientôt redevenirministre, se rendit sur les falaises pour assister à ce spectacle. L’amiral Bruix ,commandant en chef de la flottille, avait été heureusement informé par sesespions des projets des Anglais . 11 sè prépara à les déjouer. Le 1 er octobre, onsignala 52 voiles ennemies, dont plusieurs vaisseaux de ligne et vingt-cinqbriks et cutters : c’étaient des brûlots (1); les vents et la marée leur étaientfavorables.
(1) Nature des machines incendiaires. — Les machines infernales que les Anglais avaientemployées étaient de trois espèces : c’étaient premièrement des bâtiments, cullers ou briks,ne différant des brûlots ordinaires que parce qu’aucune trace d’embrasement ne s'y montraitavant l’explosion. Ce qui les rendait plus dangereux, c’est qu’on pouvait les prendre pour desbâtiments de guerre et tenter de s’en emparer à l'abordage.
Les machines infernales de la seconde espèce étaient des coffres de bois doublés en cuivre,longs et plats et terminés en pointe à leurs deux extrémités. Chacun de ces coffres contenait