442 HISTOIRE DE L’ARMÉE
à Cassel, traversa à Francfort le Mein et se dirigea sur Vurtzbourg. Le maré-chal Bernadotte, commandant l’armée de Hanovre, se rendit dans Francfort ,où s’opéra la jonction de l’armée bavaroise, qui termina la ligne de l’arméedu grand Napoléon et forma l’extrémité de sa gauche. La pensée de l'empe-reur avait suffi jusqu’alors pour diriger de loin toutes ces masses sur un ter-ritoire ami ; mais le moment était venu de les faire agir et de modifier tousleurs mouvements d’après ceux de ses ennemis. Sa présence devenait néces-saire dans une année dont il était lame et le génie tutélaire. Il arrive à Stras-bourg, fait traverser le Rhin au grand parc d’artillerie, et se rend à Louis-bourg, chez l’électeur deWirtemberg. A son aspect, la confiance renaît parmises alliés et la terreur est dans l’armée ennemie. Si elle fût demeurée encorequelques jours dans sa position, elle eût été entièrement prise à dos. Mack,pour éviter ce malheur, fait un changement sur ses lignes ; il concentre sesforces dans les environs dTlm, Stockak et Memmingen , et y rassemble tousses moyens. Pour rendre sa défense plus vigoureuse, il passe le Danube et ren-force le corps d’armée établi sur la rive gauche de ce fleuve. L’armée fran-çaise s’avançait à grands pas; les armées de Hollande, de Hanovre et de Ba-vière , qui s’étaient reposées à Vurtzbourg, en repartent le 1 er et 2 octobre. Unepartie se dirige sur le Haut-Mein, et l’autre sur la droite, du côté de Margen-tein. Le maréchal Davoust se porte de Neckeret sur Donawert, le maréchalSoult dlleilbroun sur Nordlingen , et le maréchal Lannes de Louisbourg surla même ville. Ainsi la grande armée, qui avait commencé son changementde direction au passage du Rhin , le continua par un mouvement circulaire deconversion dont sa droite formait le pivot, et, par une simple manœuvre, ellevint faire face au Danube , après avoir traversé une grande partie de la Fran-conie et de la Souabe . Ce grand et vaste mouvement la portait au sein de laBavière par une marche de quelques jours. 11 lui procurait l’avantage de pos-séder de grandes plaines pour manœuvrer, d’éviter les montagnes et les défilésde la forêt Noire et la ligne des rivières qui se jettent parallèlement dans leDanube, et plaçait encore l’empereur Napoléon à plusieurs marches derrièreson ennemi, déjà tourné et pris à revers. La ligne de la grande armée fut alorsétablie en ordre de bataille.
Le corps du maréchal Bernadotte , réuni à l’armée bavaroise, prit position àWeissemberg; celui du maréchal Davoust à Ætingen , à cheval sur la Vecnitz ;celui du maréchal Soult à Donawert, dont il fit rétablir le pont; celui du maré-chal Ney à Kœssingen; celui du maréchal Lannes à Neireishein, et celui duprince Murat le long du Danube . Tous brûlaient d’en venir aux mains et de sesignaler sous les yeux de leur empereur. Il n’en était pas de même de l'arméeautrichienne ; ses soldats étaient mal payés, mal nourris, mal approvisionnés.Leurs chefs, trompés sur un plan d’attaque imprévu, changeaient sans cessela direction de leurs troupes, sans adopter aucun plan fixe d’attaque ni de dé-fense; ils gardaient les débouchés de la forêt Noire, se reposaient sur les forti-fications élevées sur les bords de l’Iller et se hâtaient de mettre en état dedéfense Ulm et Memmingen , où ils concentrèrent leurs forces. Leur réunion