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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 143

ne put rétablir parmi elles la confiance dans leurs moyens de défense; ils con-çurent de nouvelles alarmes en voyant s’avancer des détachements de cavaleriefrançaise jusqu’à Elcliingen. Ils envoyèrent quelques troupes pour les éloigner.Bientôt leurs inquiétudes furent plus graves; leurs éclaireurs leur annoncèrentl’arrivée de toute l’armée française, et la marche de plusieurs corps partis deNordlingen pour traverser le Danube . Leur anxiété parut par des ordres et descontre-ordres qui se succédèrent rapidement. Les généraux autrichiens,étonnés de la marche de l’armée française et de ses progrès, ne s’aperçurentpoint que c’était entièrement une guerre de manœuvres, et qu'ils ne pouvaientrésister au génie puissant qui les dirigeait. Frappés de stupeur, ils perdirentun moment précieux pour une retraite, ou pour faire sur toute la ligne unmouvement dont l'exécution aurait pu faciliter son développement et laramener en bataille devant l’armée française. Le cours des rivières, dont lepays abonde, pouvait leur procurer pour cette défensive d'excellentes posi-tions; cette mesure facilitait encore aux Autrichiens leurs communicationsavec leur armée d’Italie par le Tyrol, leur permettait d’attendre leur jonctionavec les Russes et leur conservait la possibilité de combattre. Les premiersengagements de l’armée française avec les forces de l’Autriche furent couron-nés par des victoires; les événements heureux pour la France se pressèrentavec toute la rapidité que l’on pouvait attendre de l'impétuosité nationale. Le6 octobre, la division du général Vandamme s’empara du pont de Donawert,défendu par le régiment de Colloredo . Le lendemain, le prince Murat futmaître du pont de Lecli; il arriva le 8 à Wertingen, ville de Souabe , dans ledessein de couper la communication d’ülm à Augsbourg . En route, le princeMurat reconnut une division composée de douze bataillons de grenadiersautrichiens.

Appuyé par quatre escadrons de cuirassiers, il donna ordre d’attaquer; cecorps se trouva aussitôt enveloppé par une manœuvre habile que le généralNansoutv fit exécuter. C’était l’élite de l’armée de Souabe . Elle se forme encarré. L’avantage aurait dû se trouver du côté des Autrichiens, dont la cava-lerie et l’infanterie se soutenaient mutuellement. Mais quels hommes peuventrésister à l’audace des Français ? rien n’égale l’ardeur avec laquelle ils char-gent leurs ennemis. A la tête du 9 e de dragons, le colonel Maupetit reçoit uneblessure qui le met hors de combat; le colonel Arrighi a un cheval tué souslui; le colonel Beaumont saisit dans les rangs ennemis un capitaine de cui-rassiers, et sabre un cavalier qui voulait secourir son officier. L’exemple deschefs encourage les troupes à Wertingen . Après deux heures d’engagement,la colonne autrichienne est dans une déroute complète. Le maréchal Lanneset les grenadiers de la division Oudinot frémissaient de ne pouvoir arriver àtemps sur le terrain pour combattre; ils accélérèrent leur marche. Dès qu’ilsparurent, les Autrichiens précipitèrent leur retraite; une seule brigade decette division put donner, parce qu’un marais arrêta l’autre au moment oùelle tournait les débris de la colonne ennemie, éparpillée et dans le plus affreuxdésordre. Tous les canons et les drapeaux de ce corps d’impériaux furent pris,