ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 115
lerie et les corps d’armée des maréchaux Ney et Lannes , s’était placé vis-à-vis de l’armée ennemie, dont la gauche occupait Ulin et la droite Memmingen ,position qu’elle venait de perdre, et dont le maréchal Soult l’avait débusquée.Le maréchal Ney s’était mis à cheval sur le Danube , vis-à-vis l’im, et lemaréchal Lannes avait pris position à Weisenhorn. Le général Marmont, àmarches forcées, parvint à en prendre une sur la hauteur d'Ulersheim, tandisque le maréchal Soult, par la sienne à Memmingen , débordait la droite del’ennemi ; la garde impériale, partie d’Augsbourg le 11 octobre, se rendit àBurgau pour y attendre l’empereur, qui arriva dans la nuit.
« L’empereur, dit le bulletin de la grande armée, était sur le pont du Lech,lorsque le corps d’armée du général Marmont a défilé. Il a fait former encercle chaque régiment, leur a parlé de la situation de l’ennemi, de l'immi-nence d’une grande bataille et de la confiance qu’il avait en eux. Cette ha-rangue avait lieu pendant un temps affreux. Il tombait une neige abondante,la troupe avait de la boue jusqu’aux genoux et éprouvait un froid assez vif;mais les paroles de l’empereur étaient de flamme : en l'écoutant, le soldat ou-bliait ses fatigues et ses privations, et était impatient de voir arriver l’heure ducombat. »
Le même jour, Napoléon arrive au quartier général du maréchal Ney, etordonne l'attaque du pont d'Elchingen au major général; 3,000 hommes faitsprisonniers sont le résultat matériel de cette journée, qui donne son premierbaptême aristocratique au maréchal Ney.
En même temps que Ney enlève le pont d’Elchingen , le maréchal Lannesoccupe les hauteurs qui dominent la plaine au-dessus du village de Pfull. Apeine maître de cette position, il lance en avant ses tirailleurs. La tête du pontde la ville est attaquée et prise, et la terreur est dans la place.
De son côté, Murat manœuvre avec les divisions de dragons Beaumont etKlein, et culbute l’ennemi partout où il le rencontre.
Enfin Marmont occupe les ponts d'Unter et d'Oberkirberg, et, joint au ma-réchal Soult, qui s’avance par Memmingen et Biberach , complète l’investisse-ment de la ville en s'emparant de la rive droite du Danube .
Le soir de la bataille, l'empereur se rapproche encore, et établit son quar-tier général dans l’abbaye d'Elchingen . Ainsi placé, il a sous sa main les ma-réchaux Ney et Lannes , plus la réserve de cavalerie; tous trois, sur un signe delui, forceront les retranchements et s’empareront de la ville.
Quelques engagements qui eurent lieu le lendemain, et dans lesquels l’en-nemi fut constamment battu, rendirent sa position encore plus précaire. Ulmétaitdans une telle extrémité, qu’en un cou pde main elle devailêtre prise d'as-Saut. Mais l’empereur veut ménagerses soldats; il lui faut toutes ses forces pourfinir la campagne d’un seul coup. Il envoie un officier au prince de Lichten-stein, enfermé dans la place, pour lui offrir une entrevue. Le prince accepteavec empressement l’ouverture qui lui est faite, et accourt au quartier générald'Elchingen. Napoléon lui montre la ville cernée de tous côtés, l’impossibilitéoù elle est de soutenir un assaut; lui rappelle l’exemple de Jaffa , dont la gar-ni. 19