ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 149
après Constantinople et Naples, une des plus heureusement placées. Elle conte-nait alors 100,000 habitants, mais elle était mal fortifiée.
L’empereur François en quittant sa capitale avait recommandé qu’on ne fîtaucune résistance au vainqueur. En conséquence, le J 3 novembre, la capitu-lation fut signée, et le général Sébastiani entra le premier dans la ville, puisMurat, puis Lannes. Murat avait reçu l’ordre de s’emparer des ponts du Da-nube et de traverser la ville au galop. L’empereur y arriva la même soirée,mais sans faste et sans appareil. 11 établit son quartier-général à Schœnbrun,que les filles de l’empereur venaient d’évacuer la veille.
Murat, après avoir traversé la ville, se porta sur le grand pont du Danube .Les Autrichiens n’avaient pas osé défendre Vienne , mais ils avaient résolu denous arrêter au passage du fleuve, et en effet, ils avaient pris position sur larive gauche, et leur artillerie était disposée de manière à pouvoir enfiler lepont et à le croiser par le feu de plusieurs batteries. En outre, chacune des ar-ches de ce pont était minée, et pour rendre la destruction parfaite, de dix pasen dix pas étaient disposés des barils de poudre. Pendant quelques pourparlersentre Murat, Lannes, le général Bertrand et les parlementaires autrichiens, lesgrenadiers et les carabiniers effectuaient le passage du pont, conduits par Ou-dinot, qui, selon son habitude, marchait à leur tête avec son état-major. Tout-à-coup le mot feu retentit dans les rangs autrichiens. Aussitôt, et par une ins-piration subite, Oudinot s’élance avec son état-major, arrache la mèche dumineur, fait battre la charge, s’empare des batteries, et, à la tête des grena-diers réunis et des carabiniers qui ont traversé le pont au pas de course et sansqu’un seul coup de canon ait été tiré, s’empare du village de Spitzen, danslequel il trouve un parc d’artillerie de 180 pièces de canon et de 300caissons.
La joie de Napoléon fut grande en apprenant ce succès. Il fit aussitôtavancer les corps de Murat, de Lannes et de Soult à la poursuite de Kutusow .Le général Clarke fut nommé gouverneur de Vienne. Napoléon y resta peu detemps; il voulait terminer la guerre; il savait que les réserves russes étaientarrivées dans la Moravie , et il avait hâte de les détruire. Les événements sesuccédaient avec un bonheur incroyable. Ney avait fait la conquête du Tvrolet chassé l’archiduc Jean en Hongrie , et Masséna avait poursuivi et constam-ment tenu en haleine l’archiduc Charles, et l'avait forcé également à se jeteren Hongrie. En ce moment, il donnait la main à Marmont, placé à Léoben . Lesdeux archiducs se trouvaient ainsi éloignés de cent cinquante lieues de l’arméerusse. Napoléon avait deux fois le temps de la battre avant leur arrivée. Enconséquence, il rapprocha Masséna du général Marmont sur la route d’Italie àVienne; Davoust fut placé autour de la capitale; Bernadotte reçut l’ordre depasser le Danube à Krems et de suivre Kulusow, en se liant avec Marmont; en-fin, les maréchaux Lannes, Murat et Soult se dirigèrent vers la Moravie. Napo-léon espérait ainsi couper la retraite au général russe; mais celui-ci parvint às’échapper à Hollabriin en faisant proposer un armistice à Murat. L'empereur,