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Tome troisième.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE

sur la rive gauche del’Adige, entre Vérone , Cologna, Montagnana, BelivaquaetLegnago. Tantôt les Autrichiens faisaient des démonstrations qui annonçaientle dessein de forcer le passage de l’Adige , tantôt ils paraissaient vouloir se con-tenter de le disputer vivement aux Français ; car ils travaillaient à se fortifiersur toute la ligne de celte rivière, particulièrement devant Vérone et Legnago,en arrière de Caldiero et sur toutes les hauteurs.

Malgré les faibles moyens qu’il pouvait opposer à l'archiduc, le maréchalMasséna, voyant ses troupes animées du meilleur esprit, avait résolu, dès sonarrivée en Italie , de disputer vivement le terrain, et de ne pas en céder unponce sans le faire acheter à l'ennemi par de sanglants combals. Dès qu’il futinstruit de la marche de l’empereur entre le Rhin et le Danube et des dangersqui paraissaient menacer l’armée autrichienne en Allemagne , le maréchalMasséna se décida à prendre vigoureusement l’offensive.

Le U octobre, on était en état de guerre en Italie . Quelques jours se passè-rent en préparalifs. Le 18, une partie de l’armée française passa l’Adige aupont du Château-Vieux de Vérone et chassa l’ennemi de ses avant-postes. Lequartier général fut transporté à Alpo.

L’ennemi s’était retranché d une manière formidable sur la hauteur de Cal-diero, où il avait concentré ses forces. A celte époque, on était à Vienne dansles plus vives inquiétudes sur le sort de l’armée d’Allemagne ; celte inquiétudeslélait communiquée au quartier général de l’archiduc Charles. Ce prince -prévoyait sans doute la catastrophe qui était réservée au général Mack, et setrouvait peu rassuré parl’arrivée des Russes , auxquels il ne pouvait supposer ni*les moyens ni la volonté de sauver la monarchie autrichienne. L’archiducpensait à opérer, s’il était encore possible, ce salut par lui-même. Mais il atten-dait les événements; et, malgré la supériorité de ses forces, il n’osait pas pren-dre l'offensive.

De son côté, Masséna voulait employer tous les moyens qui pouvaienassurer son opération, avant de tenter une entreprise aussi vigoureuse'que celle de débusquer l’ennemi de l’excellente position qu’il occupait. Onresta en présence jusqu’au 29 octobre. Ce jour-là, le maréchal fit passer l’Adige à toute l’armée. L’ennemi, abordé avec la plus grande impétuosité, céda toutesses positions sur les bords du fleuve et se retira sous le feu de ses redoutes àCaldiero .

Le 30, le maréchal fit attaquer cette ligne imposante de retranchements partrois divisions de son armée. La première était au centre, la troisième à gau--che, la quatrième à droite; la réserve de grenadiers en seconde ligne; Indivi-sion de dragons et celle de chasseurs à cheval dans les intervalles.

La seconde division (Verdier), soutenue par la division de cuirassiers, de-vait effectuer à Ronco le passage de l’Adige , au moment de l’action, et se porterrapidement sur la petite rivière de l’Alpon pour envelopper l’ennemi. L’atta-que des redoutes fut extrêmement vive; mais la défense des Autrichiens., ras-surés par la force des ouvrages et de la position, ne le fut pas moins. L’ arméefrançaise dut céder au double avantage qu’avait l’ennemi, celui du non ibre et