ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 16$
du terrain. Les redoutes de Caldiero ne furent pas enlevées; mais l’armée s’é-tablit sur la rive gauche de l’Adige . L’ennemi, immobile derrière ses retran-chements, n’osa point l’attaquer.
Ce repos dura deux jours. Le 2 novembre, l’archiduc, après avoir fait unedémonstration qui annonçait la volonté d’attaquer, évacua subitement la lignede Caldiero et commença sa retraite.
L’armée française se mit aussitôt à la poursuite des Autrichiens. Le 3, on com-battit avec chaleur sons les murs de Vicence . Le T, à huit heures du matin,Vicence ouvrit ses portes; l’ennemi, qui n’avait voulu que retarder la vivacitéde la poursuite, ne put pas éviter d’avoir son arrière-garde atteinte et entamée.L’armée française effectua ce même jour le passage de la Brenta . Bassauo,Trévise, Padoue , furent successivement occupées. Le 10, la Piave fut franchie.
Le 11, le corps du général Gouvion Saint-Cyr, venant du royaume de Naples ,opéra sa jonction avec l'aile droite de l'armée d’Italie .
Le prince Charles prit position, le 12, sur la rive gauche du Tagliamento .On se canonna vivement toute la journée. Mais l’ennemi se relira dans la nuit,et l'armée française franchit le Tagliamento sans obstacle.
Depuis ce moment, l’archiduc accéléra sa retraite. Les nouvelles d’Allema-gne le pressaient. Il abandonna, sans faire la moindre résistance, Udinc, Palma-Nova, Gradisca. Il défendit un moment la ligne del’isonzo; mais, le passageayant été forcé, il évacua Forizia dans la nuit du 17 au 18. Le maréchal Mas-séna établit son quartier général dans cette ville, et l’armée prit positionsur les deux rives de llsonzo. La quatrième division, commandée alors par legénéral Serras, fut envoyée sur Trieste , dont elle s’empara. La division dechasseurs à cheval suivit, en le harcelant, l’ennemi, qui se relirait sur Laybach.
A dater de cette époque jusqu’au 1 er décembre, l’armée d’Italie ne fit plusde mouvements importants. Le 26 novembre, le maréchal prince d'Esslingrendit compte an prince major général : « qu’ayant été instruit, par diversrapports et spécialement par une lettre du général Vial, ambassadeur deS. M. impériale à Berne, qu’un corps de l’armée autrichienne d’Allemagne ,qui se trouvait coupé par suite des manœuvres de la grande armée, devaitdescendre des montagnes du Tyrol, il avait pris ses mesures pour que celtecolonne fût coupée par ses divisions dans quelque direction qu’elle se portât;qu’en effet, le corps ennemi, fort de 7,000 hommes d’infanterie et de 1,200chevaux, sous les ordres du prince de Rohan, étant venu, le23 novembre, sejeter sur Bassano, le général Gouvion Saint-Cyr, qui commandait dans cetarrondissement, s’était aussitôt disposé à le recevoir; que cependant, pour nenégliger aucune précaution, il avait fait arrivera marches forcées sur la PiaveSa division de grenadiers, celle de cuirassiers et une brigade de dragons, pourtourner la position de Bassano.
« Le maréchal ajoutait que le prince de Rohan, sentant la difficulté de sasituation, avait prévenu l'attaque en se jetant violemment sur la division dugénéral Regnier, qui appartenait au corps du général Gouvion Saint-Cyr ;mais que, vigoureusement repoussé d’abord et ensuite attaqué par de non-