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Tome troisième.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE

velles troupes, l’ennemi avait fini par demander à capituler; que 6,000 hommesd’infanterie, 1,000 chevaux, 6 drapeaux, 1 étendard, 12 pièces de canon, leurscaissons et d'immenses bagages étaient restés au pouvoir de l’armée française,et que le prince de Rohan, commandant ce corps, ainsi que d’autres généraux et plusieurs colonels, étaient au nombre des prisonniers. »

Le 1 er décembre, l'armée se remit en mouvement. Trois divisions marchè-rent pour occuper le Frioul autrichien, la Carniole et tous le reste du littoral,tandis que le général Gouvion Saint-Cvr était en observation devant Venise etque la première division ainsi que les dragons se portaient sur la Carinlhie.Le maréchal avait reçu, à cet égard, les ordres les plus positifs de l’empereur,qui, par une lettre datée de Brün, le 22 novembre, lui faisait prescrire de con-tenir l'archiduc, de l’occuper sans relâche, afin qu’il ne pût venir se jeter surla grande armée, en présence de toutes les forces russes. Le 6, le quartier dumaréchal était à Layhach, lorsqu’il apprit, par un de ses aides de camp, lanouvelle de la bataille d’Austerlitz et bientôt après la signature de l’armistice.

La cour de Naples , ainsi que nous l'avons dit, avait violé pour la troisièmefois la solennité des traités, le lendemain même de la paix de Presbourg (27décembre), Napoléon lança un décret d’anathème sur le royaume des Deux-Siciles , et déclara que la famille des Bourbons avait cessé de régner. Masséna futchargé de mettre cet ordre à exécution et de conduire triomphalement àNaples Joseph Bonaparte , qui lui succédait par droit de conquête. Le vainqueurde Zurich se mit en marche, franchit le Garigliano le 8 février, et se dirigeaen trois colonnes sur Gaële, Capoue et Etry. La marche de nos troupes futrapide; les soldats napolitains n’osèrent attendre nulle part les terribles vain-queurs des Autrichiens. La cour elle-même s’embarqua pour la Sicile aussitôtaprès la proclamation du décret de Napoléon , qui la frappait de déchéance. Etle 13 février, Joseph Bonaparte fit son entrée dans sa capitale. La Calabre , laPouilleet les Abruzzes offraient encore quelque résistance. Saint-Cvr fut chargéde soumettre ces deux dernières provinces; Rcgnier eut ordre de balayer laCalabre; quant à Masséna, il eut la mission de veiller sur Naples . Une seuleville osa résister aux attaques des Français , ce fut Gaële; un seul homme osadéfier leur courage, ce fut un étranger, le prince de Ilesse-Pbilippsladt, chargéde la défense de cette ville et qui avait juré à la reine de Naples de la garderjusqu’à la dernière extrémité. Il tint parole. Gaële ne se rendit qn’après unlong siège, et après avoir tiré, en trois mois, 117,000 boulets et 20,000 bombes.

Après le récit des glorieux événements de cette campagne, pourquoisommes-nous obligés de tourner nos regards vers notre flotte et d’ajouter lenom de Trafalgar à ceux d’Ulm et d’Austerlitz ? Malheureuse journée qui dé-cida du sort du monde et qui porta la puissance maritime de l'Angleterre àl’apogée de la splendeur et de la force, de même qu’Austerlitz avait élevé lafortune de la France impériale au plus hauldegré de la puissance et de lagloire!

Ainsi, par une funeste et étrange compensation, les résultats de la campa-gne de 1803 furent également favorables aux deux puissances rivales, et, si letraité de Presbourg mit l’Europe continentale aux pieds de Napoléon, la des-