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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

truction de la marine française livra l’empire des mers à la domination abso-lue de l’Angleterre. Le bruit retentissant de nos colonnes victorieuses em-pêcha d’entendre en Europe les échos sinistres du canon de Trafalgar, mais lerésultat n’en fut pas moins immense et prodigieux pour l’Angleterre; car cerésultat ne coûta aux vainqueurs que 1,600 hommes tués ou blessés, tan-dis que notre victoireà Austerlitz nous coûtait près de 7,000 hommes. I)u reste,de 1805 à 1815, la France ne livra pas un seul combat sans perdre au moinsautant de monde que les Anglais n’en avaient perdu dans celle grande journée,et quelques-uns de nos succès furent payés du sang de 30,000 de nos sol-dats, comme à Eylau et à la Moskoxva.

L’amiral Villeneuve, on se le rappelle, sorti du Ferrol avec 33 vaisseaux,était revenu à Cadix malgré les instructions qu’il avait reçues et s’y était faitbloquer. Napoléon , renonçant à son projet d’une descente en Angleterre, luiavait prescrit de sortir de ce port pour débloquer Carthagène, enlever la pe-tite station anglaise devant Naples , débarquer les 10,000 hommes qu’il avait àbord pour renforcer Saint-Cyr à Tarente et lui permettre de, soumettre Naples .Villeneuve devait ensuite porter des croisières en tout sens dans la Méditer-ranée et dans l’Océan; il devait surtout, d’après l'ordre exprès de Napoléon ,en avoir une à Sainte-Hélène pour enlever les convois revenant de l'Inde . Enconvoitant ce rocher perdu au milieu de l'Océan, le grand capitaine était loinde prévoir alors que c’était là qu’irait s’accomplir la dernière phase de sa pro-digieuse destinée!

Les ordres de Napoléon étaient positifs. Villeneuve devait sortir de Cadix , àmoins qu’il ne fût bloqué par 29 vaisseaux. Dans ce cas il pouvait attendre.Villeneuve aima mieux combattre. On lui avait reproché son inaction à Abou-kir et son retour à Cadix . Il n’hésita pas à donner l’ordre du départ. « Si lamarine française, écrivit-il quelques jours avant le combat, n’a manqué qued’audace, comme on le prétend, l’empereur sera prochainement satisfait, et ilpeut compter sur les plus éclatants succès.» 11 croyait n’avoir devant lui quela flotte de l'amiral Colingwood, composéede21 vaisseaux. .Mais l’amiral Nelson,le plus grand homme de mer de l’Angleterre, venait d’arriver dans ces parages(17 octobre) avec une des flottes réunies à Portsmouth pour la défense des côtes;ce qui élevait à 33 le nombre des vaisseaux dont il venait de prendre le com-mandement en chef.

L’amiral Villeneuve était un homme instruit, il connaissait son métier et nemanquait ni d’esprit ni de courage; mais il n’avait ni la résolution ni la fer-meté qu’exige un commandement en chef. Il fut informé, dit-on, la veilledu combat, de l’arrivée de son redoutable adversaire; il ne voulut pas ycroire. D'ailleurs il était résolu à combattre à tout prix. Le nombre des vais-seaux français et espagnols qu’il avait sous ses ordres était de 31 à 33; mais cesvaisseaux et la composition des équipages, surtoutceuxde la marine espagnole,laissaient beaucoup à désirer. Sous ce rapport, les éléments de combat qu’ilavait sous la main étaient bien inférieurs à ceux dont disposait l’amiral Nelson.Villeneuve ne l’ignorait pas; il savait que les marins anglais étaient plus expé