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Tome troisième.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE

et sur laquelle pesait, comme un triple tombeau, le joug de la Russie , de la Prusseet de l’Autriche . A la vue des aiglesfrançaises l’amour delà patrieseréveilladanslecœur des descendants de Sobieski. Le sentiment national était non-seulementconservé en entier chez ce peuple, mais il avait été encore retrempé par le mal-heur. Son premier désir était de revenir nation. « Tels que ces chevaliers quisommeillent, revêtus de leur armure, sur de vieux tombeaux, le géant étaitcouché là sur la terre; ils lui jetèrent un peu de cette terre trempée dans lesang et dirent : Il ne se réveillera plus (1) ! »

Cette grande nation reprendra-t-elle son existence? Du fond de son tom-beau renaîtra-t-elle à la vie? Tant de sacrifices, tant de travaux doivent-ilsrester stériles? Ces sacrés martyrs n’auraient-ils semé dans les champs de lapatrie qu’un esclavage éternel? N’en resterait-il qu’une fosse couverte d’unpeu d’herbe? L’armée française vient-elle lui apporter l’espérance et la li-berté, ou simplement tracer les sillons de la guerre dans ses champs dévastés?Telles sont les questions que fait naître l’arrivée de nos soldats en Pologne .Napoléon lui-même hésite sur le parti qu’il doit prendre; car il s’exprime ainsidans le premier bulletin de la campagne : « La Pologne renaîtra-t-elle de sacendre? Dieu seul, qui tient dans ses mains les combinaisons des grands évé-nements, est l’arbitre de ce grand problème politique; mais, certes, il n’y eutjamais d’événement plus mémorable et plus digne d'intérêt. »

Toutefois il fit venir Kociusko, le Washington de la Pologne , qui se trouvaità Paris , pour se concerter avec lui à ce sujet. Mais Kociusko avait vieilli, il sesouciait peu de renouveler une guerre de partisans, l’âge avait refroidi sonbrûlant patriotisme. Il demandait tout d’abord le rétablissement complet de laPologne . Cette demande était juste au fond, mais elle présentait de grandesdifficultés.

En rétablissant la Pologne , il fallait, en effet, le faire complètement, afinqu’elle pût servir à la fois de barrière à la Russie et de contre-poids à l’Autri-che . Une très-longue et très-heureuse guerre pouvait seule amener ce résul-tat. Napoléon avait donc à craindre de s’engager dans une lutte interminable

illuminé, et il sera donné un concert, précédé d’un discours sur les vertus nécessaires au sol-dat, et d’un éloge de ceux qui périrent sur le champ de bataille dans ces journées mémorables.

Un mois avant, un concours sera ouvert pour recevoir la meilleure pièce de musique analo-gue aux circonstances.

Une médaille d’or de 150 doubles napoléons sera donnée aux auteursde chacune de ces piècesqui auront remporté le prix.

Dans les discours et odes, il est expressément défendu de faire mention de l’empereur.

Art. VI. Notre ministre de l’intérieur ouvrira sans délai un concours d’architecture pourchoisir le meilleur projet pour l’exécution de ce monument.

Art. VII. Il sera acheté 100,000 francs de rente en inscription sur le grand-livre pour servir àla dotation du mouument et de son entretien.

Au camp de Posen, le 2 décembre. Signé Napoléon .

(1) De Lamennais .