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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

avec les trois puissances qui l’avaient morcelée, et de donner ainsi un éternelpoint de réunion à leur politique. Il avait à craindre en outre, et plus immédia-tement, qu’au moment du passage de la Vistule par nos troupes, 130,000 Au-trichiens ne débouchassent sur ses derrières. Napoléon s’en rapporta aux évé-nements. Il flatta les espérances des Polonais , mais il ne prit aucun engagement.Et puis, fl faut bien le dire, les ministres français à Paris n’étaient pas d’ac-cord sur l’opportunité de cette mesure; Talleyrand surtout la désapprouvait.Il se souciait peu de quitter son hôtel somptueux de Paris pour venir faireune promenade d’hiver en Pologne . Les grands événements qui règlent ladestinée des peuples n’ont pas souvent des causes plus sérieuses.

Quoi qu’il en soit, Napoléon résolut d’aller porter la guerre en Pologne . Ilpensait avec raison qu’il était préférable pour lui d’aller combattre les Russes à Varsovie au milieu d’un peuple ami que de les attendre en Prusse où le moin-dre échec pouvait faire soulever contre lui les populations.

L’armée russe, de son côté, s’avançait à marches forcées; elle était forte de150,000 hommes divisés en quatre corps: le premier, sous les ordres du grand-duc Constantin , était formé des gardes et des grenadiers; le second était com-mandé par Beningsen; le troisième, par le général Michelson; le quatrième,par le comte Apraxin. Ces quatre corps avaient pour général en chef Kamiuski,vieillard octogénaire qui était contemporain de Frédéric et de Catherine. Ces150,000 hommes n’étaient pas destinés à agir seulement en Pologne ; Michelson,avec 70,000 hommes, devait entrer en Moldavie . Mais en apprenant le coup defoudre qui avait frappé les Prussiens à Iéna , on s’empressa de rappeler une par-tie de ses forces sur la Vistule , où elles formèrent l’aile gauche de l'arméerusse. En attendant Beningsen, avec 40,000 hommes, pénétrait en Pologne etarrivait à Varsovie au moment où les Français pénétraient en Pologne .

Davoust arriva à Posen le 9 octobre, il y fut reçu avec un enthousiasmedifficile à décrire. Sa présence fut le signal d’une insurrection générale. Plu-sieurs régiments de volontaires polonais se formèrent sous les ordres du géné-ral Dombrowski. Pendant ce temps Lannes et Augereau marchaient vers laVistule par la lisière qui sépare la Posnanie de la Poméranie . Dès le 20 novem-bre, nos troupes légères avaient atteint le fleuve. Napoléon , prévoyant le casoù une bataille serait livrée sous les murs de Varsovie , voulait que les diverscorps de son armée se ralliassent les uns aux autres afin que, se prêtant se-cours mutuellement, ils fussent à l’abri de tout échec partiel, et qu'ils présen-tassent sur ce point une masse de 80,000 hommes. Il leur recommanda d’évi-ter tout engagement. Davoust, destiné à ouvrir la marche sur Varsovie , reçutl’ordre de se porter à droite sur Sanpolno et d’envoyer sa cavalerie pour don-ner la main aux maréchaux Lannes et Augereau. Murat le précédait avec sacavalerie. Le 27 novembre, les premiers détachements arrivèrent aux por-tes de cette ancienne capitale. Le 30 novembre, les deux maréchaux Da-voust et Murat firent leur entrée à Varsovie , où ils furent reçus avec lemême enthousiasme qu’à Posen . Murat, surtout, excitait l’admiration des Po-