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Tome troisième.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE

louais; sa tenue imposante à cheval, sa bonne mine, l’éclat de sa renommée,firent sur les esprits une impression profonde. Partout il était salué par lesacclamations de la foule. Lajoie des habitants de Varsovie tenait du délire envoyant enfin dans leurs murs les vieilles bandes victorieuses d’Austerlitz etd’Auerstaedt, qui venaient leur apporter l’indépendance et la nationalité.

Les Russes n’osèrent point attendre les Français, ils traversèrent la Vistule en toute hâte après avoir brûlé le pont qui sépare la ville du faubourg de Praga.Ils abandonnèrent même ce poste important, dont nos troupes prirent posses-sion après avoir traversé le fleuve en bateau. Napoléon , pendant ce temps,avait porté son quartier général à Posen , dirigeant de là les opérations de seslieutenants. Dans la première quinzaine de décembre, tous les corps détachésà la poursuite de l’armée prussienne avaient pris leur rang sur le nouveauthéâtre. A la gauche, Ney, après s'être emparé de Thorn, avait débouché decette place suivi de la cavalerie de Bessières et du corps de Bernadotte . Aucentre, Soult et Augereau se préparaient à passer la Vistule entre Plock etModlin .

Lorsque Napoléon eut appris que ses maréchaux étaient maîtres du coursde la Vistule sur les deux points principaux, Thorn et Varsovie , il se décida àquitter Posen et à marcher sur Varsovie , où il arriva le 19 décembre (1).

Il y entra à la nuit tombante pour éviter les démonstrations bruyantes. Maisà peine fut-on informé de son arrivée, que la population se porta en foule pourvoir et saluer le grand homme, le libérateur de la Pologne . Les nobles sur-

(1) En apprenant l’entrée de ses soldats à Varsovie, Napoléon leur adressa la proclamationsuivante :

« Au quartier général impérial de Posen .

«[Soldats !

« Il y a eu aujourd’hui un an, à cette heure même, que vous étiez sur le champ mémorabled’Austerlitz. Les bataillons russes épouvantés fuyaient en déroule, ou, enveloppés, rendaient lesarmes à leurs vainqueurs. Le lendemain, ils firent entendre des paroles de paix; mais ellesétaient trompeuses. A peine échappés, par l'effet d’une générosité peut-être condamnable, auxdésastres de la troisième coalition, ils en ont ourdi une quatrième. Mais l'allié sur la tactiqueduquel ils fondaient leur principale espérance n’est déjà plus. Ses places fortes, ses capitales,ses magasins, ses arsenaux, -280 drapeaux, 700 pièces de bataille, 5 grandes places de guerre,sont en notre pouvoir. L’Oder, la Wartha, les déserts de la Pologne , les mauvais temps de lasaison n’ont pu vous arrêter un moment. Vous avez tout bravé, tout surmonté; tout a fui à votreapproche.

« C’est en vain que les Russes ont voulu défendre la capitale de cette ancienne et illustre Po-logne; l’aigle française plane sur la Vistule . Le brave et infortuné Polonais, en vous voyant,croit revoir les légions de Sobieski de retour de leur mémorable expédition.

«Soldats! nous ne déposerons point les armes que la paix générale n’ait affermi et assuré lapuissance de nos alliés, n’ait restitué à notre commerce sa liberté et ses colonies. Nous avonsconquis sur l’Elbe et l’Oder Pondichéry, nos établissements des Indes, le cap de Bonne-Espé-rance et les colonies espagnoles. Qui donnerait le droit de faire espérer aux Russes de balancerles destins? Qui leur donnerait le droit de renverser de si justes desseins? Eux et nousNE SOMMES-NOUS PAS LES SOLDATS d’AUSTEHLITZ? »