ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 291
alors donné un nouvel élan à ses soldats, l’ennemi eût complètement pris lafuite. L’hésitation de quelques généraux lui fit échapper la victoire. Wellingtonavait perdu pas mal de monde, et les honneurs de la journée appartenaient àl’armée française : la troisième campagne était définitivement accomplie. Lemaréchal Marmont vint remplacer le maréchal Masséna, qui rentrait en France ;son premier soin fut de faire évacuer Almeida et de faire entrer l’armée duPortugal dans ses cantonnements.
Dans l’Andalousie avait commencé un nouveau genre de guerre. Les insur-rections des guérillas, en éclatant sur tous les points à la fois, d’après un sys-tème adopté par les généraux anglais et espagnols, avaient forcé le maréchalSoult à diviser son armée en colonnes mobiles qui, sillonnant le pays danstoutes les directions, livraient à la fois vingt combats par jour. Les principauxfurent ceux de Villa Garcia le 11 août, de Rio Tinto le 21 du même mois, deManzonilla de Padul, de Fuente Oneruna, de Moguer de Fuengirola , de Riod’Almanzor , qui amenèrent la dispersion complète du corps de Blacke. Nousparlerons plus tard de ces guérillas, dont les chefs portaient des noms aujour-d’hui célèbres parmi les défenseurs de la Péninsule, et qui empruntent uncaractère particulier, selon les pays où ils combattaient. Auparavant il nousreste à retracer la double campagne de l’Estramadure , les opérations dansl’Espagne orientale et la Nouvelle-Castille.
Double campagne d’Estramadure . — Le maréchal Soult, après avoir pacifiél’Andalousie et laissé le duc de Bellune sous les murs de Cadix , se porta surl’Estramadure, dans le but de menacer Elvas, d’appuyer le siège de Badajoz et de forcer les Anglais à dégarnir le Portugal . Mais auparavant il résolut des’emparer de quelques places fortes pour assurer les communications de sestroupes avec celles restées en Andalousie. 11 commença par la ville d’Olivença ,qui fut prise après dix jours de tranchée ouverte. Après l’occupation de cetteville, il commença le siège de Badajoz le 26 janvier 1811, et s’en empara le11 mars suivant, après avoir livré la bataille de la Gébora.
Les généraux ennemis Mendizabal et Lacarrara s’étaient retranchés forte-ment en arrière de la Gébora dans une position qu’ils regardaient commeinexpugnable, parce que, indépendamment du fort San Christoval, ils entre-tenaient des communications assurées avec les forteresses d’Elvaset de Campo-Mayor.
Le général Soult résolut néanmoins de les attaquer dans cette position. Le18 février, les Français parvinrent à faire passer sur la rive droite de la Gé-bora de l’infanterie et du canon. Le même jour, les Espagnols établirent unnouveau camp à 1,200 toises plus loin, et se privèrent ainsi de la protectiondu fort San Christoval. Le lendemain 19, le maréchal Soult fit passer à sontour la cavalerie sur la rive droite, et lui ordonna de se porter en toute hâtesur la route de Badajos à Campo-Mayor. Ce mouvement avait pour but dedéborder la gauche de la ligne espagnole. En même temps, le reste de l’infan-terie et de l’artillerie achevait d'effectuer le passage de la Gébora. Des colonnesfurent formées aussitôt. Le maréchal Mortier donna ordre au général Girard