292 HISTOIRE DE L’ARMÉE
de se porter sur la droite de l’ennemi en gagnant la hauteur, afin de se placerentre les Espagnols et le fort San Cliristoval. 11 devait ensuite se rabattre surle gros de l’armée ennemie, pendant que le général Latour-Maubourg attaque-rait sur son flanc gauche.
Ce double mouvement fut exécuté avec autant de rapidité que de précision,malgré la vivacité du feu de l’ennemi. L’infanterie française fit des prodiges devaleur. La cavalerie la seconda admirablement et compléta la défaite des Es-pagnols en chargeant, aux cris de : Vive l’Empereur, deux grands carrés quis’étaient formés et qu’ils enfoncèrent l’un après l’autre. Plus de 900 soldatstués sur le champ de bataille, 5,200 prisonniers, 6 drapeaux, 17 pièces de ca-non et 20 caissons furent les trophées de cette victoire. La place de Badajoz ne pouvait tenir longtemps après la victoire que les Français venaient de rem-porter. En effet, 22 jours après elle se rendit au moment où les Français allaient donner l’assaut. 9,000 hommes, qui composaient la garnison de cetteville, furent déclarés prisonniers de guerre. Mais le général en chef, pour don-ner à cette garnison une preuve de l’estime que lui avait inspirée sa belle dé-fense, consentit à ce qu’elle sortît avec les honneurs de la guerre, tambourbattant, mèche allumée, ayant en tête deux pièces de canon.
Le maréchal Soult, informé que les Portugais faisaient leur retraite surl’Espagne , renonça à ses projets sur El vas, et, après avoir laissé une bonnegarnison dans les murs de Badajoz , sous les ordres du général Philippon, ilrentra en Andalousie .
Le maréchal Mortier, resté en Estramadure avec le 8 e corps, s’empara deplusieurs places, et notamment de celles d’Albukerque, de Valencia et deCampo-Mayor.
La rentrée du corps principal du maréchal Soult en Andalousie ayant per-mis à Wellington de disposer des troupes qu’il avait reçues d’Angleterre, ildonna l’ordre au maréchal de Béresford de se porter en Estramadure contrele corps du maréchal Mortier. L’arrivée des troupes anglaises obligea celui-ci àun mouvement rétrograde, et il résolut de se rapprocher de l’Andalousie , vul’infériorité numérique de ses forces. C’est à peine s’il put laisser 400 hommesdans la place d’Olivença , qui, par son développement, en exigeait au moins3,000 ; aussi cette place fut-elle reprise promptement par les Anglo-Portugais.
Le maréchal Beresford fit investir aussitôt la ville de Badajoz . Son armées’élevait à plus de 30,000 hommes. Cette même ville, qui avait opposé auxFrançais 10,000 hommes de troupes, ne renfermait à celte heure que 2,000soldats; mais c’étaient les plus braves de l'armée d’Andalousie , et ils étaientcommandés par un homme de tête et de résolution. A l’arrivée de l’ennemi, legénéral Philippon fit les dispositions les plus énergiques pour la défense dela place. En même temps, il exécuta quelques sorties vigoureuses pour dé-truire les travaux d’attaque de l’ennemi.
Le maréchal Soult accourut en toute hâte au secours de son lieutenant. Ilpartit de Séville dans la nuit du 8 au 10 mai, emmenant toutes les troupesdisponibles. Le 14, il était arrivé à Villa-Franca; le 15, il n’était plus qu’à